Solistes instrumentaux

Denis PASCAL - Piano

Schubert

Tout chez Denis Pascal respire le respect du texte de Schubert. Les nuances sont justes et l'articulation est respectée à la note. Sur cette nase solide, Denis brode un discours fluide et libre. Chaque note à une vie intrinsèque, comme un petit moment de gloire à elle seule. 

Classica - juin 2017
***

Denis Pascal - Schubert au-delà des notes

Cet artiste compte parmi les plus pertinents de sa génération. Le voici qui nous livre son interprétation de l'un des monuments de l'histoire musicale : la Sonate en si bémol majeur D. 960 de Schubert. Inspiré par l'étirement du temps, le pianiste pourtant ne prend pas la pose : c'est un hypnotiseur bienveillant qui nous invite aux songes et nous fait croire en l'au-delà des notes; ainsi, la méditation du compositeur en est-elle presque animée d'espérance. Un très grand disque. 

CFDT - mai 2017
***

Denis Pascal, Diapason d'or pour son disque consacré à Jean Wiéner, nous gratifie d'un Schubert dominé, contrôlé, irréprochable quant à la lettre. On sent un travail en profondeur sur les partitions. L'utime sonate D 960 se déploie avec finesse, une constante méticulosité dans la mise en place des nuances, des phrasés, des modes d'attaques. La manière de timbrer témoigne de la même subtilité. Les trilles de creusent pas des abymes : tout coule avec une étonnante sérénité, le mot qui convient le mieux au Schubert du pianiste français. [...] Nul ne doute qu'écouté à l'aveugle, cette version de la D 960 se distinguerait face à celles de noms plus célébres.

Diapason - Bertrand Boissard - mai 2017 
***

Le pianiste français Denis Pascal nous donne à entendre, ici, un superbe album totalement dédié à Franz Schubert, avec deux sonates bien différentes. La Sonate n° 23 D. 960, dernière sonate composée par le compositeur viennois quelques mois avant sa mort constitue une sorte de lied sans paroles, apaisée, elle semble défier le temps pour se tourner vers des horizons lointains où le dépouillement le dispute à la confidence douloureuse, oscillant entre résignation et rébellion, toute nimbée d’une lumineuse pénombre, marquant la naissance d’un romantisme échappant définitivement à la rhétorique beethovénienne. Bien dissemblable, la Sonate n° 16 D. 784 op. posthume 143 date de 1822 et ne sera publiée qu’en 1839, plus de dix ans après la mort du compositeur sous le numéro d’opus 143. Elle porte les traces de l’angoisse de Schubert face aux premières manifestations de la maladie vénérienne qui l’emportera et est considérée comme la première sonate de la période dite de « maturité ». Elle occupe dans le corpus schubertien une place intermédiaire puisqu’il s’agit là de la dernière sonate en trois mouvements. Plus véhémente que la précédente, plus soumise aux influences beethovéniennes, elle est habitée d’une tension constante aux allures parfois orchestrales. L’interprétation pertinente de Denis Pascal trouve toujours le ton juste et rend parfaitement compte de ces différences. On est d’emblée saisi par l’adéquation entre le texte et le jeu pianistique ainsi que par les affinités évidentes existant entre le pianiste et le compositeur au point de se demander si une autre vision est encore envisageable…Le langage est d’une grande variété de ton, d’un naturel confondant, sincère, virtuose et fluide, élégant, dynamique ici, égrenant le temps là, capable d’habiter les silences et d’engendrer un immense plaisir en même temps qu’ une vive émotion. Un Schubert magnifique, habité, indispensable ! 

L'éducation musicale - Patrice Imbaud - mars 2017 
***

Hoch interessante Schubert-Interpretationen

Der 1961 geborene französische Pianist Denis Pascal, der in seinem Heimatland von Pierre Sancan, Jacques Rouvier und Leon Fleisher sowie von György Sebök in Bloomington ausgebildet wurde und heute selber als ein erfahrener Klavierlehrer gilt, ist vor allem in Frankreich bekannt. Für mich ist diese CD ein erster Kontakt mit ihm, ich habe ihn zuvor weder live noch in einer Aufnahme gehört. Und er hat mich auf Anhieb mit seinem Schubert nicht wenig überrascht!

Gleich in Schuberst letzter Sonate, D. 960, fesselt er den Zuhörer mit einem sehr persönlichen Interpretieren. So ein Spiel kann nur aus der Vertiefung in die Materie sowohl beim Vorbereiten als auch beim Konzertieren kommen. Immer wieder erstaunt er mit sehr eigenwilligem Phrasieren, einem äußerst rhetorischen Rubato und einem manchmal ungewohnten Akzentuieren. Wäre da nicht seine große Sensibilität, man könnte das Interpretieren für recherchiert halten, aber das ist hier gewiss nicht der Fall. Weder im langen Molto moderato, das hier geheimnisvoller denn je wirkt, noch im atemberaubend, weil ziellos gestalteten Andante sostenuto und dem genauso unentschlossenen, fast populistischen Scherzo. Auch dem zwischen Tragik und Ulk pendelnden Finalsatz bleibt Pascal nichts schuldig.

Das Allegro giusto der 16. Sonate D. 784 bekommt bei dem französischen Pianisten einen gespenstischen Charakter, und das Andante bereitet wirkungsvoll das Finale vor, das mit seinem verspielten Unterton und seinem verzweifelten Aufbrausen nirgendwo Ruhe findet…

In his very personal performances, Denis Pascal shows a natural feeling for the contrasty feelings of Schubert’s music. In terms of technical address and subtlety of expression he is most impressive.

Pizzicato.lu - mars 2017 
***

 

 

CD : Franz Schubert par Denis Pascal

 

Les deux Sonates de Schubert interprétées ici par Denis Pascal, piano révèlent un pianiste doté d’une grandes sensibilité, apte à s’investir dans le mystère de la création schubertienne mélange d’intuition et d’un incroyable flux de créativité musicale. Sans forcément détrôner les grands interprètes de la musique pour piano de Schubert (Brendel, Schnabel, Richter,Lupu, Kraus,Haskil, Badura-Skoda), Denis Pascal, par son jeu dénué de tout aspect outrageusement démonstratif, s’impose au contraire par sa simplicité et par une volonté évidente, d’aller à l’essentiel dans la pensée schubertienne , rendant ainsi son interprétation de ces deux Sonates indispensable et bienvenue.

ON-topaudio - mars 2017 - Michel Jabowicz
***

Denis Pascal et Schubert

Jouer Schubert n'est pas une mince affaire.

"Le compositeur dilate la durée, l'étire au point que l'oeuvre semble une vague lente, impossible à contenir, observe Denis Pascal. Dès le premier mouvement de la sonate en si bémol, on croit qu'il s'agit d'un faux départ, alors que Schubert immobilise le temps."

Sviatoslav Richter, on le sait, faisait le choix de prolonger le plus possible cette respiration, quand Alfred Brendel au contraire allégeait la tension. Denis Pascal évoque un lâcher prise, un cantabile presque religieux. Rien pour lui ne pèse et, s'il admet que les deuxième et troisième mouvements de la sonate offrent le moyen de danser, c'est l'oubli de soi qui, de prime abord, entraîne le pianiste: "Avec Beethoven, la structure, la forme soutiennent l'interprète; il suffit d'obéir à ce qui est écrit pour avoir l'impression que l'on est intelligent, taquine illusion qui vient de ce que les notes agissent en garde-fou. Mais avec Schubert, un charme hypnotique envahit le champ musical. On doit tout à la fois le laisser vivre et conserver la mesure des choses, une alchimie difficile à réussir".

Le billettiste est désolé de ne pouvoir faire entendre des extraits de ce disque magnifique. Tout juste a-t-il assez d'enthousiasme pour vous conseiller de vous le procurer, séance tenante. Belle journée à tous !
Mediapart - février 2017 - Frederick Casadesus
***

Le Pianiste Denis Pascal

Un récital de piano exceptionnel - L’un des plus grands concerts de piano de ce mois de janvier était celui organisé par la dynamique société de production du français Philippe Maillard, célébrant un pianiste français de niveau international, le talentueux Denis Pascal. L’écrin de la Salle Gaveau était le lieu parfait pour autant de réjouissances tant attendues des mélomanes parisiens. Ainsi, le concertiste Denis Pascal jouait des œuvres pour piano de Mozart et Schubert ce 25 janvier 2017 à la Salle Gaveau. Un concert d’une heure et demie durant lequel le claviériste a essentiellement exécuté les sonates des deux Autrichiens. Pour le profane ou le mélomane épisodique, le simple fait de se rendre rue La Boétie est un enchantement. Fermée pendant plusieurs années puis rénovée à l’identique, la belle salle, tel un mammifère sorti de sa longue hibernation, est pareille à ce qu’ont connu nos grands-parents voire arrière-grands-parents: balcons, velours rouge, moulures, orgue monumental. L’endroit vous chauffe le coeur, comme ne le font plus les salles contemporaines ou trop rénovées, qui ont la froideur de leurs linéaments et des bois précieux qui les ornent. De même, l’observation du public accouru est touchante. S’y côtoient, dans l’amour commun du beau, vieux couples sortis des âges, familles parfois sur plusieurs générations, journalistes, mondains ou étudiants hirsutes ayant apporté leur gamelle pour l’entracte. Puis le pianiste français émérite Denis Pascal, svelte et de sombre vêtu, débute son solo avec une concentration et un sérieux presque ostentatoires. Du Mozart puis du Schubert et, après l’entracte, encore du Schubert. Des morceaux moins connus du grand public. On sent que chez lui, restituer publiquement l’essence de l’œuvre est plus qu’une exigence: un questionnement philosophique ou une angoisse. N’avait-il pas déclaré :«vient la question de la légitimité et des choix qui président à l’interprétation en concert de ces chefs-d’œuvre, et bien naturellement de l’attitude devant l’exigeant exercice du concert ». Cela explique peut-être que son interprétation soit, par moments, volontairement saccadée et théâtrale. M. Pascal veut sans doute faire descendre les deux compositeurs du Panthéon dans lequel l’Histoire les juchait et reproduire l’effet que ces œuvres ont suscité. Ainsi le soliste dit-il de Schubert : « il est essentiel de faire le lien entre l’actuel irrépressible engouement populaire pour l’œuvre de Schubert et l’émotion voire la stupeur dans laquelle cette musique a, dès l’origine, plongé ses contemporains ». L’interprétation, quoique parfois surprenante, n’en est pas moins grandiose. Après l’acclamation du public, celui-ci sort. En par grappes, les initiés devisent sur tel ou tel instant du concert. On se croirait à la sortie des arènes en Espagne ou d’un vieux stade de football en Angleterre: sur le parvis des dernières cathédrales laïques. Pour ce beau concert d’exception, nos remerciements s’adressent àl’agente de presse attentionnée Florence Petros et à Phillippe Maillard Productions, le grand tourneur français spécialisé en musique classique
Goûts et passions - janvier 2017
***

Mozart et Schubert sous les doigts de Denis Pascal à Gaveau

Un public d’aficionados, et ils sont très nombreux, était venu applaudir Denis Pascal à la Salle Gaveau. Au programme cette année, de la musique viennoise avec Mozart et Schubert. Le pianiste avait choisi les dernières pièces du maître du Lied, celles où il ouvre sur des contrées encore inexplorées.

La Sonate en ré majeur K.284 dite « Dürnitz », du nom d’un des riches mécènes qui soutenaient Mozart, débute, comme ses sœurs voisines, par un Allegro lumineux transcendé par la volubilité du trait et le toucher délicat du pianiste. Mais Mozart sort quelque peu du moule traditionnel dans les deux autres mouvements. Le Rondeau en Polonaise – la Polonaise en rondeau est plus courante ! – est un andante joliment ciselé et plein de charme sous les doigts du pianiste, où Mozart prend plaisir à broder délicatement son refrain. Mais la surprise vient de l’envergure du finale, disproportionné par rapport aux mouvements précédents. C’est un thème et douze variations écrit dans l’élan d’une invention permanente où Mozart sonde toutes les potentialités, tant virtuoses qu’expressives, d’une idée mélodique de départ : des « variations sérieuses » aurait dit Mendelssohn, dont Denis Pascal sert tout à la fois la profondeur et l’allure kaléidoscopique.

Avec les Drei Klavierstücke D. 946 écrits par Franz Schubert six mois avant sa mort, c’est un autre univers pianistique que l’on aborde, mis au service de l’expression à travers les textures et les différents éclairages harmoniques. De forme libre, à la manière des Impromptus, ces trois pièces étonnantes semblent se déployer au gré de l’imaginaire sonore du compositeur. La première est un rondo avec son refrain fougueux et ses revirements énigmatiques où se lisent l’inquiétude et l’urgence. Ce cheminement narratif autant que dramatique est subtilement servi par l’interprétation sensible du pianiste. Sublime, la pièce centrale est quasi labyrinthique, où Schubert s’éloigne des formats classiques pour découvrir sans cesse de nouveaux horizons, entre ombre et lumière, énergie et renoncement. Quelque chose d’intime et de très chaleureux dans le jeu de Denis Pascal nous rapproche inévitablement de l’atmosphère du Lied. L’Allegro final en Do majeur est écrit dans un registre plus clair et un élan presque jovial auquel Schubert oppose une partie centrale plus voilée, ancrée sur une base tonale très stable : des contrastes presque théâtraux auxquels le pianiste donne un relief saisissant.

Entendre en concert l’ultime Sonate pour piano de Schubert, D. 960 en Si bémol majeur, est toujours une expérience d’écoute fascinante, surtout sous les doigts d’un pianiste qui en dessine admirablement la grande forme et en règle minutieusement les tempi. Le premier mouvement est le plus impressionnant, par l’éclairage bouleversant de ses thèmes et le souffle d’un développement qui gagne le registre aigu du clavier pour dévoiler des espaces plus sereins et lumineux. L‘Andante sostenuto emprunte le même cheminement où Denis Pascal exerce avec raffinement son art de la demi-teinte. De fait, le Scherzo, très court, surprend par son caractère presque tapageur et faussement populaire. À l’œuvre peut-être l’ironie de Schubert ? Le Rondo final, quasi enchaîné, n’est pas moins ambigu, qui se joue entre tragique et plaisanterie, avec ses fulgurances orageuses, ses silences éloquents et la cinétique presque amusante de son refrain. Telle est la trajectoire bien ciselée qu’en donne Denis Pascal dont l’envergure virtuose captive autant que la fluidité du jeu et l’élégance du phrasé. Des qualités qui enchantent son interprétation de La plus que lente de Claude Debussy avec laquelle le pianiste, rappelé deux fois par le public, termine son récital.
Michèle Tosi - Resmusica - janvier 2017
***

Der Hirt auf dem Felsen… 
une schubertiade avec Alexandre, Aurélien et Denis Pascal

Camille Poul, Éric Lacrouts, Marie-Paule Milone et Raphaël Sévère

 

Comme Schubert le fut au sein de la société d'amis dont il aimait s'entourer, le pianiste Denis Pascal est l'âme du groupe de musiciens réunis ce soir sur la scène de Gaveau pour une schubertiade au goût exquis. C'est le soprano français Camille Poul que le pianiste accompagne d'abord, dans quatre Liedervariant les éclairages, du souriant An Sylvia D891 au funèbreDie junge Nonne D828, traversé d'un souffle dramatique saisissant dans l'interprétation des deux artistes. AuFrühlingssehnsucht D957 n°3 qui précède le touchant An Mignon D161, écrit à dix-huit ans, la voix tonique et chaleureuse confère un bel élan. La diction est claire, la voix homogène et la phrase toujours intelligemment conduite. Par sa présence aussi délicate que discrète et son phrasé ciselé, Denis Pascal, quant à lui, instaure un équilibre sonore idéal.

On retrouve le pianiste dans la célèbre Sonate en la mineur « Arpeggione » D821, avec son fils violoncelliste Aurélien. Le charme opère immédiatement sous l'archet fluide et le jeu solaire du jeune interprète qui gorge le thème initial de fraicheur et de vitalité. On est séduit par les couleurs qu'il tire du registre grave de son instrument dans le mouvement lent, avant un final nourri de contrastes et galvanisé par l'étroite complicité des deux interprètes.

Der Hirt auf dem Felsen D965 (1828), qui termine la première partie de la soirée, n'a pu être crée du vivant de Schubert. Par l'ampleur de sa conception et la présence de la clarinette, l'œuvre transgresse sensiblement le cadre du Lied et préfigure le monodrame : « Mais un noir chagrin me consume » lit-on dans le poème, partiellement écrit par Wilhelm Müller, qui laisse poindre in fine une lueur d'espoir. L'exigence virtuose de l'écriture vocale réclame agilité et puissance. Des qualités dont fait preuve Camille Poul, même si les aigus sont parfois un peu tendus. Au sein du trio, la clarinette un rien maniériste de Raphaël Sévère, au côté de la sobriété des autres partenaires, peut parfois freiner l'élan dramatique. L'embellie finale libère les énergies dans un flux très intense.

Nous restons dans les pages du dernier Schubert avec une seconde partie essentiellement instrumentale. Dans la famille Pascal, nous demandons cette fois le père et les deux fils, le violoniste Alexandre partageant le devant de la scène avec Aurélien dans le Nottuno en mi bémol majeur D897 de 1827, pièce sombre et obsessionnelle d'un seul tenant où le piano conducteur – Denis Pascal souverain – tente quelques percées lumineuses dans un espace très confiné, scandé par le rythme implacable de marche. De beaux éclairages engendrés dans des dynamiques extrêmes naissent sous l'archet sensible des deux jeunes interprètes.

Écrit la même année, le Trio en mi bémol majeur D929 n°2, d'une toute autre envergure, consacre cette schubertiade. Ayant rejoint Denis Pascal, Marie-Paule Milone (violoncelle) et Éric Lacrouts (violon) ne tardent pas à nous immerger dans cette œuvre-fleuve où s'expriment tout à la fois le tragique et le sublime schubertiens. Les deux facettes s'incarnent d'emblée dans les thèmes du premier mouvement auquel les interprètes donnent une dimension orchestrale. Non moins sublime est la phrase de l'Andante con moto sous l'archet sensible de Marie-Paule Milone comme sous le toucher admirable de Denis Pascal. Quant à la sonorité rayonnante du violon d'Éric Lacrouts, elle inonde les textures schubertiennes d'une lumière fort émotionnelle. Après un Scherzo rondement mené, c'est un final d'anthologie que nous donnent les trois interprètes, servant avec un même élan l'écriture rhapsodique et habitée du maître autrichien qui sort ici du cadre formel académique : en redonnant par deux fois le thème de l'Andante et en multipliant les sinuosités délectables du discours musical. En bis, une page de Tchaïkovski met en vedette le violon radieux de Lacrouts et laisse s’épanouir l’indicible sensibilité du jeu des artistes.

Michele Tosi - Anaclase - avril 2016
***

Denis Pascal en récital à Gaveau - entre intériorité et sérénité

L’idée de conjuguer l’univers de Schubert avec celui de Liszt tient de l’évidence et Denis Pascal, à travers le thème du voyageur, sait établir les ponts qui unissent les deux compositeurs. Son récital, d’une intelligence de conception tout à fait remarquable, conjugue avec bonheur rêve et virtuosité, intériorité et sens de la narration en insistant plutôt sur la musicalité, la poésie limpide et une forme de sérénité bannissant autant les effets de manches que l’ostentation.
Dès l’Impromptu op. 90 de Schubert d’une lenteur mesurée, le ton est donné par la clarté de l’élocution, la primauté du chant et le soin apporté à la dimension harmonique, quitte à oublier la fébrilité et l’agitation souterraine de cette musique. La Wanderer Fantaisie unifie les climats avec un jeu sensible, fluide, dont la vélocité, jamais absente est parfaitement intégrée à la ligne globale. On peut préférer plus de puissance massive, de force tellurique, mais le mouvement général, la couleur d’ensemble, le registre simple et naturel, convainquent in fine.
Cette simplicité d’allure se retrouve dans les quatre pièces extraites des Années de Pèlerinage de Liszt (Le Mal du pays, Vallée d’Obermann, Sonnet de Pétrarque n° 123, Après une lecture de Dante). Sous la sérénité apparente, le soliste, maître de sa technique, met en valeur plusieurs facettes de l’art lisztien entre nostalgie, délicatesse et plénitude de l’inspiration romantique. Les bis généreux font voisiner Chopin, Scriabine, Bach/Sebök, Debussy, confirmant la belle palette sonore d’un interprète élégant et subtil.
Michel LE NAOUR - Concertclassic - 6 février 2014
***

L'invitation au voyage de Denis Pascal
Pour son récital à Gaveau, un rendez-vous désormais annuel que Denis Pascal donne à son public, toujours nombreux et fervent, le pianiste avait choisi le thème porteur du Wanderer (le voyageur), emblématique de la quête éperdue de l’artiste romantique en mal d’idéal et d’absolu.
Le « Wanderer », c’est d’abord un Lied que Schubert écrit en 1816 dont le thème ressurgit au coeur de la Wanderer-Fantaisie (composée six ans plus tard) qui figurait dans la première partie du programme. L’autre grand voyageur, qui a, quant à lui, sillonné le monde jusqu’en 1848 avant de se fixer à Weimar, est évidemment Franz Liszt qui fixe sur le papier à musique, dès 1834, ses « sensations les plus fortes » dans un premier recueil L’Album d’un voyageur.
Certaines des pièces, comme Mal du pays, se retrouveront, révisées ou réécrites dans l’ouvrage-somme pour le piano que sont les trois cahiers des Années de pèlerinage. Denis Pascal y puisait le propos de la deuxième partie du concert. Les extraits du Premier cahier (Suisse), Le mal du Pays précédant La Vallée d’Obermann, inspirée d’un roman épistolaire de Sénancour, sont des voyages intérieurs où la nature totalement habitée par le moi romantique est prétexte à une méditation métaphysique. Dans les deux pièces du second Cahier (Italie), Sonetto 123 del Petrarca et Après une lecture de Dante qui terminaient le récital, Liszt traduit son exaltation à la découverte de la littérature italienne qui nourrit ici une réflexion sur l’amour et la mort.
Denis Pascal nous invitait au voyage avec le très bel Impromptu op.90 en ut mineur de Schubert qui débutait le concert; la pièce construite comme un premier mouvement de sonate est écrite en 1828, l’année de la mort du compositeur; l’interprète en souligne le cheminement dramatique dans une sonorité légèrement ombrée et une admirable fluidité du discours dont il varie les éclairages avec beaucoup de subtilité. L’enchaînement avec la Fantaisie était saisissant. L’oeuvre magistrale, dont s’inspirera Liszt dans sa Sonate en si mineur, juxtapose dans un flux continu les quatre mouvements de la sonate romantique et fait converger toutes les forces en présence dans un fugato final très impressionnant. Denis Pascal sidère par la puissance qu’il déploie dans un premier mouvement énergétique et sonore où le son est toujours librement projeté et la ligne admirablement chantée. Après l’épisode lent d’une grande intériorité et si émouvant dans l’épisode central, à la faveur du toucher sensible et poétique d’un pianiste totalement habité, la résurgence du thème originel dans le scherzo est une première étape dans la montée en puissance ménagée par l’interprète vers le surgissement du thème mué en sujet de fugue. La péroraison est somptueuse, dans un contexte sonore flamboyant et éminemment contrôlé par le pianiste qui donne la mesure de cette architecture éblouissante.
Mal du pays de Liszt introduisait tout en douceur et en mélancolie infinie la seconde partie, Denis Pascal faisant sonner tous les registres du clavier avec autant de charme que d’élégance. Moins rigoureuse dans sa construction que la Fantaisie de Schubert et plus sinueuse – mais l’errance est la vraie richesse de la pièce – La Vallée d’Obermann est un des chefs d’oeuvre du premier Cahier des Années de pèlerinage. Sous les doigts de Denis Pascal, elle offrait des instants sublimes, d’une vocalité très expressive ou d’une exaltation virtuose donnant lieu à des déferlements sonores somptueux.
Le séducteur et très célèbre Soneto 123 del Petrarca, joué avec beaucoup de sensualité, précédait la diabolique « fantaisie » Après une lecture de Dante, dernier sursaut d’énergie, et non des moindres, qu’assumait notre interprète avec une rare endurance. L’oeuvre réclame puissance et virtuosité, brillance et vision formelle: autant de qualités que déployait ce soir notre pianiste servant ici, avec un panache et une sonorité quasi orchestrale, tous les ressorts d’une imagination que Liszt sollicite ici jusqu’à l’excès.
Quatre bis, plus courts, certes – Chopin, Debussy, Bach et Scriabine – ajoutaient quelques belles images à cet « album du voyageur » que Denis Pascal avait ce soir composé pour son récital.
Michèle TOSI - RESMUSICA - 7 février 2014
*** 

Enregistrement SCHUBERT : Moments Musicaux D.780 op.94, Sonate D.960.
Denis Pascal, piano - Polymnie POL152092

Un Schubert sans pathos
De Schubert, Denis Pascal propose une interprétation dégraissée de tout pathos. Dans cette lecture intime, Schubert est comme mis à nu, avec ses fragilités, ses doutes. Jouisseur de la vie, mais aussi préoccupé de trouver une place à la surface de la terre. Un homme qui n’aura connu que la jeunesse, et pense, à quelques jours de sa mort, enfin pouvoir se consacrer à Haendel et au contrepoint. Avec une spontanéité délicate, Denis Pascal portraitise Schubert en butte à ce quotidien trop étroit pour lui: sa dimension métaphysique en est le prolongement. Le pianiste ne cherche pas à séduire, et le premier Moment musical ainsi simplifié, décharné, pourrait faire fuir tant il désoriente. Son voyage se fera, avec ou sans vous. Et peu à peu, l’oreille se dépouille de ses chères références, tout autant séduisantes, tout autant nécessaires, mais de toutes autres couleurs. L’épreuve de vérité, c’est l’andante sostenuto de la Sonate en si bémol majeur (D 960), où la sobriété de l’interprète emplit l’espace et parvient à faire suspendre la marche du temps, frappée à la main gauche. La musique intérieure, susurrée de la main droite, vous prendra sans doute. Il y a tant de nouveautés qui passent à côté de l’essentiel. Ici, c’est l’inverse, une quête d’essentiel qui fait découvrir les richesses d’un Franz Schubert à nul autre pareil.
MUSIKZEN - Albéric LAGIER - 17 mai 2013
***

Les petites formes des Moments Musicaux comme la grande arche de l'ultime Sonate en si bémol majeur conviennent à ce jeu subtil, fluide, poétique et sensible qui est la marque de la personnalité de Denis Pascal. Un tel dosage de sonorités, un tel sens des contrastes, imposent au sein d'un paysage intérieur d'une grande éloquence une vision schubertienne faite d'élégance, de naturel et de pureté. On chemine avec tendresse au sein de ce paysage intérieur marqué du sceux de l'évidence. Un rêve éveillé dont on ne sort pas indemne !
CADENCES - Michel LE NAOUR - mai 2013
***

CLASSEMENT CLASSICA : 3 ETOILES
Familier des oeuvres méconnues et des compositeurs oubliés, Denis Pascal fête cette fois-ci Schubert et ses non moins célèbres Moments musicaux op.94 et Sonate D.960. Et quelle fête ! Avec bien peu d'effets,le pédagogue français conduit un discours passionnant, sans jamais nous perdre un seul instant. Son Schubert, il nous le chuchote à l'oreille. Délicieusement, délicatement, la musique avance, portée par un piano fin et limpide. Denis Pascal trouve toujours le ton juste. Jouant avec bien peu de pédale - mais toujours idéalement placée, il nous montre à quel point sa maîtrise des possibilités techniques du clavier est immense. Son piano fourmille de détails, de nuances infimes, de trésors de simplicité. Peu avide de virtuosité vaine, Denis Pascal n'en fait jamais trop et son piano virevolte aux antipodes de l'empahse.
Mais ce Schubert-là peut ne pas plaire, tant les sentiments sont intériorisés, tant le discours est sobre, tant l'engagement du pianiste se situe ailleurs que dans un piano démonstratif. Il ne saurait non plus concurrencer, ni même être comparé aux autres - Mitsuko Uchida (Philips), Wilhelm Kempff (DG), ou encore Radu Lupu (Decca), pour ne citer qu'eux. non, il pourrait simplement être rapproché du Schubert d'un Jean-Claude Pennetier et d'une certaine école "française", qui cultive un piano intérieur, sobre et dépouillé... Un bémol cependant : la prise de son un peu trop étriquée et sans volume, ainsi que les erreurs de minutage indiquées sur la pochette...
CLASSICA - Arnaud DRILLON - mai 2013
***

Les musiques d’exil
L’après-midi musical de l’Orangerie de Rochemontès recevait, ce 28 octobre, la violoncelliste Marie-Paule Milone et le pianiste Denis Pascal dans un programme d’une profonde beauté. Le thème en est poétiquement évoqué par un titre parlant : « Musique russe, chant d’exil ».
Ces deux artistes, qui forment un véritable duo dans la vie comme à la scène, réalisent une remarquable fusion de leurs talents. La riche et opulente sonorité de la violoncelliste trouve un écho subtil et nuancé dans le jeu transparent du pianiste. Leur association évoque un échange permanent, une discussion toujours vivante et fructueuse. Chacune des deux parties de cette belle soirée d’automne s’ouvre sur une courte pièce évocatrice, suivie d’une sonate particulièrement développée. De Tchaïkovski à Prokofiev, en passant par Glazounov et Rachmaninoff, ce programme balaie l’essentiel de la musique russe au tournant des XIXe et XXe siècles.
Comme l’indique sobrement Denis Pascal en introduction, chacun de ces compositeurs a connu une forme d’exil. Alexandre Glazounov, qui introduit ce concert, a dû quitter la Russie soviétique en 1928 « pour raison de santé » ( !) et s’est finalement installé à Paris où il est décédé. Sa Chanson du Ménestrel, douce et mélancolique, évoque la profonde nostalgie d’un passé mythique et heureux.
Quant à Tchaïkovski, son exil intérieur n’est autre que le secret douloureux d’une homosexualité cachée qui ruinera sa vie affective et le mènera probablement à la mort. Dans son Nocturne op. 19 n° 4, joué en début de seconde partie, Marie-Paule Milone entonne un chant apaisé que soutient le piano consolateur de Denis Pascal.
C’est la sonate op. 119 de Prokofiev qui occupe l’essentiel de la première partie. Cette ultime composition de l’enfant terrible de la musique russe doit beaucoup à son créateur, le jeune Mstislav Rostropovitch auquel était associé rien moins que le grand Svjatoslav Richter. La désillusion de Prokofiev après son retour en Union Soviétique semble s’y exprimer dans l’amertume et le sarcasme. De facture classique, cette pièce étrange et belle alterne le drame et l’ironie. La noirceur désespérée s’oppose ainsi à l’apparente insouciance. Les deux interprètes s’opposent, se rejoignent, échangent leur propos avec une vivacité qui n’élude aucune âpreté du propos. Jusqu’à cet ut grave final, sinistre, sur la corde à vide du violoncelle.
L’autre grande partition de la soirée émane du plus exilé des compositeurs russes du XXe siècle, Sergeï Rachmaninoff. Datant d’avant son départ de Russie (1901), sa sonate pour violoncelle et piano op. 19 possède toutes les caractéristiques qui feront la gloire du compositeur. La profonde nostalgie des thèmes, dont certains semblent repris de ses fameux concertos pour piano, la flamboyance des développements presque orchestraux, s’accompagnent d’un lyrisme constant qu’une houle profonde charrie d’un rivage à l’autre. Habilement les interprètes se relaient au premier plan. Prépondérant au cours du premier mouvement, le violoncelle s’efface plus loin, donnant ainsi au piano le rôle principal, comme dans un concerto avec orchestre. L’inquiétude se glisse habilement dans la chevauchée de l’Allegro scherzando alors que l’Andante ménage de larges respirations. La vivacité du final conduit irrésistiblement à une coda de feu et de flamme. Tout au long de l’œuvre, la virtuosité instrumentale, ô combien nécessaire, des deux musiciens, sait se placer au service de l’expression.
Le public, nombreux et enthousiaste, réclame et obtient deux bis, en forme de mélodie chantée, signés Tchaïkovski et Rachmaninoff. Le violoncelle de Marie-Paule Milone fait planer sa voix au-dessus des accords généreux du piano de Denis Pascal.
Serge CHAUZY, classictoulouse.com, 28 octobre 2012
***

Denis Pascal, un pianiste à suivre
Raconter le concert de la veille, n’est ce pas susciter la frustration, puisque le moment de plaisir est passé ? Ce billet n’a d’autre intention que de rendre hommage au travail d’un artiste.
Hier soir, Denis Pascal a donné beaucoup de lui-même en interprétant Schubert, depuis les Moments musicaux jusqu’à la sonate en si bémol (D. 960 pour les intimes). Evitant le pathos ou, pire, le cabotinage qui consiste à prendre le masque de la mort à chaque rubato, le pianiste a démontré des qualités de coloriste qui ne rencontrent pas tous les jours.   A la main droite, le chant, souvent, se donnait des allures printanières, quand la main gauche, à la fois tragique et tenue, scandait le déroulement de la vie.
Quelle aventure aujourd’hui que le concert : autrefois, les spectateurs arrivaient presque vierges de références ou, pour mieux dire, n’avaient à l’esprit que l’écho des récitals précédents. Maintenant, ce sont trente versions d’une même œuvre qui peuplent leur vie quotidienne. Comment présenter la trente et unième sans être pris de vertige ? Réflexion banale direz-vous. Certes, mais à l’instant de pénétrer dans la salle Gaveau- baignée de lumières chaudes qui atténuent désormais le caractère un rien guindé de ses boiseries- ces pensées traversaient l’esprit.
D’un côté, les mélomanes devraient se montrer plus modestes parce que leur acuité résulte un peu d’une connaissance acquise (laquelle dépend de bien des paramètres), mais aussi du climat du jour, de la bonne ou de la mauvaise humeur d’un banquier, d’un sourire ou de la mine boudeuse d’une jolie fille. De l’autre, le pianiste est contraint de se transcender-ce qui réclame un peu plus d’efforts, convenons-en. La liberté, le lâcher prise, à certains égards, peuvent l’aider à se surpasser. Mais encore ? Denis Pascal affirme que, pendant l’exécution publique, il improvise une façon de jouer tel ou tel trait, dans le cadre qu’il a précédemment défini. Voilà ce qui provoque l’émotion, la ferveur : il ne suffit pas de prétendre jouer ce qui est écrit, encore faut-il avoir une idée personnelle sur la manière de le faire. Ici se situe la fidélité que l’interprète apporte au compositeur.
Denis Pascal a prouvé de nouveau qu’il compte parmi les pianistes français de premier plan. Si vous n’avez pas la chance de l’entendre pour de vrai, ne manquez pas ses disques : un artiste authentique vous parle.
Frederick CASADESUS, Médiapart, 5 février 2012

* * * 

Schubert vu par Denis Pascal, salle Gaveau
Salle Gaveau, le pianiste Denis Pascal a consacré tout un récital à Schubert. Dans le répertoire immense du compositeur, ce sont trois oeuvres plutôt tardives qui ont été choisies, dans un ordre croissant d'intensité. A peine entamé le premier des six Moments Musicaux, on est touché par la fragilité de la musique, interprétée avec une grande délicatesse, comme s'il s'agissait de ne pas la briser. Ce sont sans hésiter les pièces les plus lentes qu'on préfère : l'Andantino aux siciliennes suspendues et le Modérato qui égrène un long chapelet de doubles croches à la main droite, étrangement bouleversant. La Sonate en la mineur D 784 qui suit prend un ton plus emporté et romantique, notamment dans son troisième mouvement, aux phrases bavardes pleines d'énergie et aux contrastes très réussis.
Le sommet du concert est toutefois atteint après l'entracte, avec l'uitime Sonate en si bémol. Le contemplatif premier mouvement est admirable de conduite ; il débouche sur un deuxième mouvement certes désespéré, mais pourtant lumineux - une économie générale de pédale permet de garder cette relative clarté. Les deux derniers mouvements sont plus souriants : les basses du trio du Scherzo rebondissent même avec une pointe d'ironie, tandis que le quatrième mouvement alterne épisodes dansants et orageux, pour conclure dans l'emportement général. Le public est aux anges, et Denis Pascal le comble encore en donnant pas mois de... quatre rappels !
François-Xavier VILLEMIN, la Lettre du Musicien (deuxième quinzaine mars 2012), n°414

* * * 

Denis Pascal en récital à Gaveau - un voyage intérieur
Pour son récital annuel à Gaveau, Denis Pascal a fait cette fois le choix d’un programme entièrement schubertien. L’héritage dont le pianiste se réclame (György Sebök, Leon Fleisher) n’est pas usurpé à l’écoute de son jeu subtil, rêveur, qui invite au voyage intérieur. Dans les Six Moments musicaux D. 780, la tendresse, le raffinement du toucher, la simplicité de ton écartent tout sentiment de tension au profit d’une respiration naturelle où la narration sans apprêt est plus importante que le contraste dynamique.
Changement de climat avec la Sonate en la mineur D. 784 : l’économie de moyens, la sobriété et le raffinement perdurent (Andante), mais dans les mouvements extrêmes, l’intensité, l’agitation dramatique (Allegro vivace), la densité du discours possèdent une éloquence rare. La Sonate en si bémol majeur D. 960 conduit hors du temps dans une errance faite de profondeur envoûtante, de lyrisme à fleur de peau et d’une limpidité du geste toujours proche du chant schubertien.
Le succès public est à la mesure de cette interprétation et les trois bis, dont l’Adagio du final de la Sonate KV 284 de Mozart, entretiennent un moment de poésie où le temps semble suspendu.
Michel LE NAOUR, www.concertclassic.com, 10 février 2012

* * * 

Denis Pascal joue Liszt – une invitation au voyage
Denis Pascal entretient depuis de nombreuses années une relation privilégiée avec les Rhapsodies hongroises de Liszt dont il a d’ailleurs enregistré l’intégrale pour le label Polymnie. Pour son récital annuel Salle Gaveau dans le cadre des Productions Philippe Maillard, il offre un bouquet de treize de ces pièces marquées du sceau du folklore bohémien réinventé et de l’épopée nationale magyare.
Aucune ostentation dans cette interprétation d’un calme apparent, naturelle, sans effets inutiles, mais qui débusque toute l’originalité du timbre, du rythme et d’un rubato subtilement dosé. Le choix des pièces est, à lui seul, révélateur de la démarche d’un artiste plus soucieux de musicalité que de démonstration. Hormis la célèbre Rhapsodie n° 15 (« Marche de Rákóczy »), aucune concession n’est faite aux pages plus spectaculaires ou rebattues. Dans ce florilège, l’attention portée au lyrisme (Rhapsodie n° 13), à la couleur, à l’élégance, à la clarté, à la beauté du toucher est secondée par un sens de la pulsation qui retrouve la courbe et les élans de la musique populaire. La virtuosité expressive se met toujours au service d’une lecture noble et sensible qui rattache Liszt à la modernité (Rhapsodie n° 16).
Disciple de György Sebök à l’Université de Bloomington, Denis Pascal a tenu à rendre hommage à ce maître du clavier. Les trois bis (dernier mouvement de la Suite op. 14 suivi d’un extrait de Pour les enfants de Bartók, l’Adagio de la Toccata en do majeur de Bach / Busoni, la Mazurka op. 17 n° 4 de Chopin) sont exécutés avec la grâce et la poésie d’un rêve éveillé qui retrouve l’univers intime du pianiste hongrois auquel Denis Pascal doit tant. Le public, venu nombreux, se fait l’écho de ce récital nostalgique et émouvant, aux parfums prégnants d’Europe Centrale.
Michel LE NAOUR - www.concertclassic.com - 7 février 2011

* * * 

Récital Denis Pascal - Salle Gaveau, 7 février 2011
Le pianiste (et pédagogue) français revient sur scène aux Rhapsodies hongroises de Liszt.
L'un des secrets les mieux gardés de la scène pianistique française... La discographie de Denis Pascal, marquée par ses enregistrements d'oeuvres de Jean Wiener, des Concertos de Chopin sur piano Pleyel 1900 avec l'orchestre Les Siècles, et bien sûr des Rhapsodies hongroises de Franz Liszt dont il a signé une version de référence largement saluée par la presse musicale, parle pour ce magnifique musicien en quête du sens profond des oeuvres. Cet ancien élève de Pierre Sancan, Jacques Rouvier, Leon Fleisher et György Sebök, a aussi été le complice du grand violoncelliste Janos Starker... A Gaveau, il reprend aujourd'hui "ses" Rhapsodies hongroises de Liszt, oeuvres foisonnantes, folkloriques et virtuoses dont il livre une vision mesurée et hautement musicale, où la rêverie côtoie la folie, une vision que n'aurait pas démentie Alfred Brendel qui mettait en garde contre "les maniaques du piano qui les considèrent comme de la musique de cirque" !
Jean LUKAS - La Terrasse n°185 Février 2011

* * * 

Recital Denis Pascal - Festival de Tautavel, 16 mai 2010
"Après les solistes de l’Intercontemporain (Brahms, Ligeti) et le trio Wanderer (Clara et Robert Schumann), c’est Denis Pascal, éminent pianiste et pédagogue qui venait célébrer Chopin lors de la troisième soirée de ce festival, dans un programme intelligemment conçu pour ravir nos oreilles et soutenir notre attention. Chopin n’aimait pas, ne comprenait pas la musique de Schumann. Les excès de l’un rebutaient la pudeur et la retenue de l’autre : des qualités que l’interprète nous faisait subtilement ressentir à la faveur d’un jeu sobre autant qu’intérieur où la recherche du timbre et le mystère dans le timbre semblent toujours l’emporter.
Denis Pascal débutait le concert mezza voce avec ces « danses de l’âme » que sont les Mazurkas - quatre parmi les plus belles mais elles sont toutes divines ! - qui nous mettaient à l’écoute d’une sonorité raffinée et toute en nuance. Suivait un premier Nocturne, l’ample et singulier opus 48 n°1 chanté avec beaucoup de naturel et d’élégance dans le son. Plus mélancolique, le Nocturne op. 27 n°2 était baigné d’une aura poétique délicate sous les doigts de l’interprète qui terminait cette premier partie de concert par la dramatique Sonate « funèbre » jouée avec une souveraine maîtrise du clavier dans un grand respect du texte et une belle lisibilité formelle. Ici encore c’est le timbre qui creuse l’expressivité dans la marche funèbre évitant toute dérive sentimentale.
La splendide Ballade n°4 débutait la seconde partie du concert. Dans cette œuvre incontournable de l’âme romantique, Denis Pascal privilégiait davantage la richesse polyphonique et la ligne directrice au détriment peut-être de la fougue narrative qui anime cette forme rhapsodique. Après la somptueuse Polonaise en ut mineur, notre pianiste avait choisi de terminer avec panache cet itinéraire romantique par l’immanquable Polonaise fantaisie où la brillance du jeu le disputait à l’envergure du geste.
Les deux bis qu’il offrait au public – une Allemande de Rameau et Reflets dans l’eau de Debussy – pointaient les constantes d’une certaine lignée française – transparence de l’écriture, mystère du clair-obscur – au sein de laquelle Denis Pascal semble bien inscrire l’art de Chopin."
Michèle TOSI - www.resmusica.com - 25 mai 2010

* * * 

Les têtes de l'art - Le vrai visage de ceux qui comptent dans la musique
"Denis Pascal
, pianiste, pédagogue et responsable du Festival Tons Voisins à Albi.
Nommé tout récemment à la classe de piano du Conservatoire National Supérieur de Musique de Lyon, Denis Pascal est à la fois l’un de nos meilleurs pianistes, sinon le plus médiatisé, un professeur réputé et respecté, et le patron du Festival Tons Voisins à Albi.
Il a de qui tenir, puisqu’il fut l’élève de Pierre Sancan, de Jacques Rouvier et de Leon Fleisher, et qu’il travailla plusieurs années auprès de György Sebök, à Bloomington. Le public du Théâtre de la Ville se souvient encore des magnifiques récitals que Janos Starker y donna — Denis était au piano.
Denis Pascal a contribué à l’élaboration de plusieurs ouvrages didactiques en collaboration avec la Cité de la Musique de Paris. Il est également à l’origine de plusieurs saisons musicales, dont ces Tons Voisins – Rencontres internationales de musique de chambre d’Albi, l’un des événements soutenus par Qobuz Labs. La saison, qui investit les lieux les plus inattendus de cette magnifique ville, connaît en 2010 sa quatrième édition.
Denis Pascal a consacré un album à Jean Wiener pour Sisyphe, qui a obtenu en mars 2008 un Diapason d’Or. Par ailleurs, il a enregistré l’intégrale des Rhapsodies hongroises de Franz Liszt, un disque qui a reçu le CHOC du Monde de la Musique, le Prix de l’Association Française Franz Liszt et le « Recommandé » de Classica !
Retrouvez-le sur Qobuz et à Albi cet été !"
Jean-Baptiste MILLOT - www.qobuz.com - 24 mai 2010

* * * 

Un Chopin pacifié - Denis Pascal en récital
La Salle Gaveau était comble pour le récital Chopin de Denis Pascal organisé par les Concerts Parisiens. Ce n’est que justice tant cet interprète, disciple de György Sebök à Bloomington et jadis accompagnateur du violoncelliste Janos Starker, s’est forgé au fil des années un style parfaitement abouti préférant l’art de dire aux élans tapageurs.(...) Dans la Sonate «Funèbre», Denis Pascal s’écarte des visions hallucinées pour apprivoiser une pâte sonore toujours dosée où la sérénité, la recherche du timbre, l’emportent sur les gouffres amers avec intensité et pénétration.(...) un rêve à l’image d’un récital sobre où la pudeur ne nuit jamais à l’éloquence.
Michel LE NAOUR - ConcertClassic, 9 février 2010

* * *

Chopin à toute heure - Folle Journée de Nantes 2010
Le piano n’a pas rimé qu’avec Chopin à la Folle Journée et ses contemporains occupaient une belle place aussi. Certains célèbres, tel Liszt, dont Denis Pascal, après une poétique et narrative Ballade n° 4 du Polonais, propose quelques Rhapsodies hongroises. Dans un répertoire où il aisé d’en faire des tonnes, l’interprète allie la tenue et la virilité du ton à une palette sonore très riche et sait attirer l’attention sur des détails généralement négligés. Superbe!
Alain COCHARD - ConcertClassic, 10 janvier 2010

* * *

Les chopiniennes pensées de Pascal
Mardi 9 février, Denis Pascal est en récital Chopin à la salle Gaveau. Une des personnalités les plus originales du piano français, il se fera un devoir de rappeler que Chopin, amoureux du belcanto, était aussi un admirateur passionné de Bach et de son Clavier bien tempéré, qu’il conservait sur sa table de chevet. Une contribution marquante aux festivités Chopin dont on fêtera en 2010 le bicentenaire de la naissance.
Marc ZISMAN - Qobuz, 26 janvier 2010

* * *

Denis Pascal, préludes debussiens et rhapsodies lisztiennes…
Denis Pascal a imposé une manière faite d’honnêteté absolue devant la partition et de refus total de tout effet gratuit, sculptant le son et le rythme pour cerner au plus près le contenu expressif de chaque œuvre. Ces qualités font de lui un interprète exceptionnel du piano impressionniste, notamment Claude Debussy qu’il débarrasse de ses excès de brouillard, ou Franz Liszt, abordé sans mièvrerie aucune.
Marc ZISMAN - Qobuz, 18 décembre 2008

* * *

Denis PASCAL, un pianiste éminemment français
S’il affirme être un pianiste éminemment français, Denis Pascal occupe la place singulière que lui confèrent de multiples et cruciales rencontres. Elève de Pierre Sancan puis de Jacques Rouvier au CNSM de Paris, il effectue un troisième cycle de perfectionnement auprès de Léon Fleisher. Lauréat des concours internationaux de Lisbonne, du Concert Artist Guild de New York et de celui de Zürich, il part aussitôt se perfectionner auprès de György Sebök, à l’Université d’Indiana à Bloomington pendant trois ans.
Ensuite, les collaborations et les tournées régulières avec le grand violoncelliste Janos Starker se succèdent. Autant de rencontres cruciales exerçant une influence décisive sur ses conceptions musicales : on peut notamment dire qu’il a fait sienne cette tradition musicale d’Europe centrale teintée d’humanisme et soucieuse d’une approche des partitions sans compromission, à mille lieues de toute tentation décorative.
Il applique cette éthique avec rigueur et constance tant dans le répertoire lisztien que la musique impressionniste ou les partitions post-romantiques. Son approche singulière de tous les pans du répertoire pianistique, ainsi que son ardeur à défendre les œuvres plus rares, font de lui l’un des artistes les plus marquants de la scène française et internationale.
Marc ZISMAN - Qobuz, 25 mars 2008

* * *

Denis PASCAL, salle Gaveau
Conjointement à la sortie de son nouvel enregistrement dédié à l’intégrale des Rhapsodies Hongroises de Liszt, le pianiste Denis Pascal donnait un récital salle Gaveau qui débuta par les rhapsodies n°15, 17 et 18. Bien éloigné des pages jubilatoires et des épanchements qui caractérisent celles que l’on entend le plus souvent, ce Liszt des dernières use d’un langage quasi chromatique frôlant l’atonalité. Dès les premières secondes, l’ambiance se revêtait d’austérité, plongeant l’auditeur dans une sombre déclamation. Le jeu très clair de Denis Pascal s’accordait parfaitement avec le discours dépouillé de ces œuvres. Suivit Gaspard de la Nuit de Ravel. Chaque pièce était précédée du poème d’Aloysius Bertrand dont Ravel s’inspira, lu avec émotion par Marie-Christine Barrault. A la fluidité d’une apparente facilité d’ »Ondine » succéda le lugubre « Gibet ». Denis Pascal maintint la tension par le tintement d’une cloche obsédante et discrètement omniprésente. L’inquiétant « Scarbo » permit enfin d’apprécier la grande lisibilité de sa conception de l’œuvre, autant dans la forme que dans le fond, bien loin des interprétations nébuleuses si fréquemment données. Après l’entracte, deux pièces de Chausson laissèrent la place aux Images de Debussy, d’une transparence qui laissait poindre des textures faites de résonnances, du jeu subtil de la pédale et d’une grande science de la sonorité.
(15 février) SAM - La Lettre du Musicien - n°339, 1ère quinzaine de Mars

* * *

Enregistrement Ernest CHAUSSON : Concert. Quelques danses pour piano. Poème.
Denis Pascal, piano; Gérard Poulet, violon; Quatuor Benaïm.
Polymnie - POL 510 136. TT : 72'.
Grande figure de la musique française de la fin du XIXe siècle, Ernest Chausson était un passionné d'art et de littérature, personnage méditatif en quête d'absolu.  Son Concert op.21 (1889-1891), dédicacé à Eugène Ysaÿe, est une œuvre dramatique, proche du franckisme, dans laquelle le violon s'épanche dans un lyrisme passionné

© DR

LES CONCERTS PARISIENS | +33(0)1 48 24 16 97 | mentions légales | Réalisation