Solistes instrumentaux

Édouard FERLET - Piano, composition, jazz

TELERAMA ((ƒƒƒƒ), juin 2017
Dans la génération des pianistes français jeunes quadragénaires, deux jazzmen s'affirment comme des musiciens d'importance  : Baptiste Trotignon et Edouard Ferlet. Ils entretiennent avec la musique classique des rapports intenses, autant comme compositeurs que comme instrumentistes. La qualité de son toucher, sa profondeur et sa brillance donnent au son que Ferlet tire du piano, qu'il joue doucement ou fort, une fermeté, une sensualité sans pareilles. Comme beaucoup de jazzmen, il a avec Bach une affinité qui n'a rien d'anecdotique, comme cela a pu être le cas pour Jacques Loussier et ses Play Bach jazzifiants. Un premier volume de Think Bach en solo avait témoigné de l'authenticité du rapport de Ferlet au baroque, le pianiste repensant Bach à partir de sa propre expérience de la musique improvisée. La façon dont il adapte, recompose, transforme dans un esprit de fidélité quelques partitions de Bach est beaucoup plus que convaincante, parce qu'elle émeut, euphorise, entraîne, comme doit le faire la musique quand elle est ressentie au plus profond. C'est le piano qui est magnifié par le son, son ampleur, sa générosité , Ferlet recourant parfois aux frottés ou aux percussions sur les cordes . Jamais rien de gratuit dans tout cela  : seule la musique compte . Le swing, cette façon particulière de se placer non pas au fond du temps mais simultanément en avant et en arrière, prend ici un naturel qui donne le sentiment de danser . Le livret offre des notes réfléchies du musicien, qui aident à comprendre sa démarche. Les pianistes trouveront dans une édition parallèle les partitions complètes de ce Think Bach enthousiasmant.

CHOC JAZZ MAGAZINE, juin 2017
Ferlet parvient à transmettre la richesse de sa propre écoute de Bach et à nous entraîner dans sa fascinante mécanique, captée tant dans son sens du jeu que dans ses transpirations d'humanité. On peut aussi entendre une volonté nouvelle ici celle de reconsidérer le son du piano pour tendre vers quelque chose de plus gracile et délié trouvant son origine dans le clavecin et sa finalité dans la stricte mise en valeur des lignes. Aucune austérité ici pourtant grâce à une réalisation sonore somptueuse, réhaussée d'effets électroniques ou de trouvailles acoustiques (l'archet dans les cordes) toujours bien dosés, comme l'est l'énergie rythmique, souvent haletante, qui prolonge le sens de la danse de la musique de Bach (Mécanique organique). L'hommage final rendu à la femme de l'ombre (Miss Magdalena) , à partir du célèbre, Prélude en Ut majeur, saisit par sa délicate réharmonisation et l'ultime invention mélodique sifflée et jouée à l'unisson  ; Ma joie demeure tout au long de cet opus 2, maîtrisé autant qu'audacieux.

THE HUFFIGTON POST, avril 2017
Le résultat est très convaincant et assez jubilatoire, offrant à l'oreille tantôt une sonorité de ragtime, tantôt un développement en boucle et bien dans l'esprit baroque. Cette espèce de joie ludique, qui a demandé du temps et du travail pour se donner dans cette familiarité, si elle s'inscrit dans le temps présent – et profane – rejoint sans aucun doute l'élévation spirituelle en même temps que l'ordinaire du quotidien de création de Bach.

©Franck Juery

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