Ensembles

La Chimera - EDUARDO EGÜEZ

Confluences andines à la Salle Cortot
En accueillant l'Ensemble La Chimera et les deux chanteuses argentines Barbara Kusa et Mariana Rewerski, la salle Cortot et les productions de concerts Philippe Maillard ont pris des allures voyageuses mercredi soir. Plongé au cœur du folklore de l'Amérique latine, le programme entremêlait des chants baroques du peuple Guarani aux chansons populaires argentines plus récentes, le tout interprété avec une exaltation et une énergie étonnantes.

Ce n'est pas la première fois que l'Ensemble La Chimera se distingue par ses projets recherchés et peu communs. Dirigé par le guitariste et théorbiste argentin Eduardo Egüez, ce groupe d'artistes se plaît à explorer les confins du répertoire baroque pour le mêler aux styles plus récents. Cette fusion vient éclairer les genres et se révèle particulièrement créatrice dans cette première mise en résonance des folklores boliviens, péruviens ainsi que de la Patagonie argentine et chilienne, confectionnée par l'ensemble.

La soirée commence comme une histoire : celle des peuples de cette vaste région au lourd passé relaté dans les strophes graves et profondes de Cinco Siglos igual composé par le chanteur de rock argentin Leon Gieco. Entre l'extermination des civilisations pré-colombiennes et les révolutions sanglantes du XXe siècle, cette partie de la terre a bien souffert, et cela en « à peine cinq siècles ».

Surgissant de la pénombre de la salle, la soprano Barbara Kusa s'avance sur scène avec sa voix pleine et claire, suivie de la mezzo Mariana Rewerski. Puis entrent les instrumentistes, chantant à leur tour avec force et vigueur. De cette polyphonie ressort d'emblée le timbre épais émanant de la bouche de la jeune gambiste cubaine Lixsania Fernandez. Telles des pierres portées à un même édifice, les musiciens rendent ainsi hommage d'une même voix aux peuples anciens. Déjà, se fait ressentir une liberté d'interprétation des plus complètes : les chanteuses formant un duo complice se munissent de percussions et se déplacent d'un pas balancé tandis qu'Eduardo Egüez, le théorbe à l'épaule et le tambour à la main, dirige l'ensemble de la voix et de la tête.

Le voyage peut commencer. D'ailleurs, les auditeurs sont déjà subjugués : en témoignent leurs applaudissements explosifs et leurs cris de joie. La pièce instrumentale El verso – Indios Moxos fait d'emblée basculer les oreilles dans des rites ancestraux. Aux sons des rythmes martelés, le flûtiste Luis Rigou (aussi connu sous le nom de Diego Modena) nous intrigue et pique notre ouïe de curiosité avec sa collection de flûtes andines. D'allure guerrière, cet air est tiré de la tradition des indiens Chiquitos de Bolivie, protégés par les missions jésuites, qui l'interprètent depuis le XVIIe siècle, lors de la fête de Saint Ignace.

Dans quatre huaynos andines, musiques et danses typiques du Pérou de l'époque pré-colombienne, l'énergie qui se dégage des musiciens se renforce encore, guidée par Luis Rigou, véritable génie du souffle, passant de la flûte quena des Andes à la flûte de pan tout en dansant et entraînant les autres instrumentistes. La répétition est exaltante, le crescendo enfle et va jusqu'à donner des frissons. Musicalement moins exotiques et pourtant contemporains, les chants en langue guarani rappellent l'existence de ce peuple converti par les Jésuites mais décimé par les conquistadors espagnols. Dans le chant Ara vale Hava, au-dessus d'un continuo baroque bien perceptible, les mezza voce (chantés à mi-voix) de Barbara Kusa et de Mariana Rewerski ressemblent presque à un soupir et dépeignent parfaitement la pensée existentielle sur la mort et le « Jour du jugement » offerte par les Guaranis. Les deux chanteuses prennent ensuite une pose émouvante, joignant les mains, les ouvrant autant que leur voix pour chanter Ay linda amiga (Ah belle amie), une composition anonyme du XVIe siècle proche du madrigal où l'amour courtois flirte avec la mort. La courbe descendante de chaconne (pièce basée sur une basse descendante répétée de manière continue) y est retentissante sous les doigts précis d'Eduardo Egüez et de Juan José Francione.

Loin d'être enfoui, cet héritage musical semble resurgir au contact des chansons populaires argentines et chiliennes. Le pathos si prégnant dans les airs baroques espagnols est aussi celui de la célèbre chanson de Violeta Parra, Gracias a la Vida (Merci à la vie). Dans un doux parlando, (intonation proche du parlé) Barbara Kusa commence le chant avant d'être rejointe progressivement par les musiciens. C'est là que Luis Rigou fait découvrir sa voix légère et voilée. Ce chant collectif rend ainsi sonores les paroles de la chanteuse chilienne : « Et le chant de tous forme mon propre chant ». L'alliage des cordes frottées, frappées et de la harpe se fait proche du timbre de l'accordéon et résonne presque comme un tango. Encore plus feutrée, la chanson Alfonsina y el mar (Alfonsina et la mer) du pianiste Ariel Ramirez est une zamba (musique et danse traditionnelle argentine dérivée de la Zamacueca péruvienne) langoureuse portée par la voix ronde de Mariana Rewerski et les pizzicati du contrebassiste Leonardo Teruggi, qui dans un accelerando subit ou un rallentando subtil évoque le bruit du ressac irrégulier de la mer. Plus solaire est Le Seclanteno, sérénade rythmée au charango (petite guitare du Pérou) et composée par le chanteur argentin Ariel Petrocelli. L'arrangement créé par La Chimera est d'une polyphonie douce et odorante, s'ouvrant sur un chant fredonné, sans paroles. Les deux chanteuses évoquent de manière poétique l'écho du chant du Seclanteno « dans la vallée verte » en optant chacune pour un rythme différent sur une même phrase. Encore plus inventif est l'arrangement du célèbre El condor pasa composé par le péruvien Alomia Robles : à la langue quechua de cette zarzuela nostalgique (action théâtrale proche de l'opérette) s'enroulent des accords teintés de jazz et de tango.

Après ces voyages introspectifs, place à la danse et aux réjouissances : La Colorada de l'argentin Atahualpa Yupanqui, qui tire son pseudonyme du dernier empereur inca et d'un responsable quechua, fait retentir des clappements de mains et offre un rythme parfait aux chanteuses pour faire tourner leurs jupes tout en rendant sonore un parlé-chanté au sourire constant. Et la fête semble ne plus finir : après le Qué hermoso Sueno soné (Quel beau rêve j'ai rêvé) de Peteco Carabajal, l'ensemble offre deux bis dont le premier est époustouflant d'inventivité et d'humour. Dans un véritable pot-pourri adjoint d'une mise en scène dont Luis Rigou est le principal protagoniste et soliste, l'ensemble interprète une chanson à boire du XVIIe siècle, dans la version des Andes, en interrompant le chant éraillé du flûtiste par un extrait du Concerto pour violon n°3 de Mozart, des clusters (grappe de sons voisins) ou encore le début de la Marche funèbre de Chopin.

Dans l'euphorie générale, chacun remercie bien haut les artistes et peut certainement dire « Merci à la vie » !
Olyrix.com - Marie Antunes Serra - 25 février 2017

 

Misa Criolla, une conclusion magnifique pour le festival de la Vézère
Mercredi soir à la cathédrale de Tulle, l’ensemble la Chimera et le Coral de Camara de Pamplona ont offert au public tulliste plus de 2 heures de concert qui restera dans toutes les mémoires.
«Sang, conquête, honneur, jésuite, indien, épée et barbarie… » Ces mots ont résonné dans la tête du directeur artistique de l'ensemble La Chimera, Eduardo Egües, lorsqu'il a décidé, avec le flûtiste et chanteur Louis Rigou, de ressusciter un monument musical du XX e siècle Misa Criolla (Messe des Indiens) du compositeur argentin Ariel Ramirez. Une œuvre composée en espagnol, avec des rythmes et des instruments issus du folklore des ethnies sud-américaines, qui a révolutionné la musique sacrée.

Mystique baroque

Misa Criolla a été choisie par le festival de la Vézère, pour sa soirée de clôture, mercredi à la cathédrale de Tulle. La présidente et directrice artistique du festival, Isabelle de Lasteyrie du Saillant, a dédié ce concert à Pierre Diederichs, élu corrézien et mélomane, décédé en juillet. Ce passionné de Dostoïevski citait volontiers le grand écrivain russe : « La beauté sauvera le monde ». Une phrase qui colle parfaitement à la foi magnifiée de la Misa Criolla, sa musique joyeuse et tonique, élevant les âmes vers la Cordillère des Andes et au-delà. Dans la vision d'Eduardo Egües, cette œuvre revêt des habits baroques pour un mariage du charango (petite guitare), des flûtes ou des percussions indiennes avec des violes de gambe et la harpe.
Quant au soliste Louis Rigou, pour lui, chanter c'est un mystère, une évidence, une expérience mystique. Dans Misa Criolla, sa voix dialogue avec le chœur de Pampelune, fait vibrer les cordes sensibles, émeut jusqu'aux larmes. Le talent et la très grande générosité, la simplicité et la complicité des interprètes ont complètement envoûté le public tulliste. Une standing ovation et des tonnerres d'applaudissements plus tard, un constat s'impose. Pour son concert de clôture, le festival de la Vézère 2016 a réussi à relever encore un peu plus son niveau de programmation. C'était pourtant un sacré pari !
La Montagne - Dragan Pérovic - 26 août 2016

 

"Misa Criolla", la messe joyeuse de l'Amérique latine à la Chaise-Dieu
En 50 ans de festival, la Chaise-Dieu a su trouver les bonnes formules pour toujours attirer de nouveaux publics. C’est chose faite cette année encore avec une représentation entre baroque et musique d’Amérique latine. C’était ce mardi avec la Misa Criolla dans l’abbatiale Saint-Robert.
En un demi-siècle d’existence, l’évènement estival de Haute-Loire ne vieillit pas, et se renouvelle chaque année. Pour une fois, le concert s’est déroulé derrière le jubé, qui sépare l’abbatiale en deux. Comme une procession, les artistes sont arrivés sur la scène du festival de la Chaise-Dieu en file indienne, en chantant.

Une messe joyeuse

Très vite, la messe chantée a conquis le public. En première partie, La Misa de Indios, composée d’un ensemble de chansons péruviennes du 17e et 18e siècle. "En Amérique latine, la religion est associée à un sentiment très gai et très heureux. Parfois il y a de la danse même devant l’église donc nous fêtons la messe", explique Eduardo Eguëz, à la tête des artistes de ce mardi soir. La même énergie se dégage dans la Misa Criolla, l’une des œuvres majeures du compositeur argentin Ariel Ramirez, créée en 1963. L’œuvre fait le tour du monde à partir de 1965, sa première interprétation en public à Mercedes en Uruguay.
La version inédite de ce mercredi a été pensée par le maestro de la troupe Luis Rigou, un mélange entre baroque et folklore. Un folklore, qui n’a pas la même dimension qu’en France. "Ce que nous appelons le folklore, ce n’est pas l’accessoire, c’est l’essentiel. C’est ce qui définit notre identité. Le folklore est une matière vivante, nous n’avons jamais cessé de jouer de ces instruments, de cultiver ce que nous étions avant l’arrivée des conquistadors", confie le chanteur Luis Rigou.
France Info - Paul Thorineau - 25 août 2016

Avec la "Misa Criolla", le festival de la Chaise-Dieu sous les cieux des Andes
Pour son cinquantième anniversaire, le Festival de la Chaise-Dieu (Haute-Loire) s'ouvre pour la première fois aux musiques sacrées du monde. Pari amplement réussi avec la "Misa Criolla" de Ramirez, saluée par une "standing ovation" aussi longue que rare en ces lieux.
Dans la nef gothique de l'abbatiale Saint-Robert, lovée au coeur des hauts plateaux forestiers du sud de l'Auvergne, où résonnent habituellement les plus belles oeuvres de Beethoven, Bach ou Haendel, les notes de charango et vihuela (petites guitares), bombo (gros tambour) et autres flûtes indiennes avaient pourtant de quoi surprendre les spectateurs.
"Ce concert était un pari un peu audacieux, une voie dans laquelle le festival ne s'était jamais jusqu'alors engagé. Nous avons d'abord un public amateur de musiques classiques, symphoniques", reconnaît le jeune directeur général du festival Julien Caron, qui a choisi d'emmener les festivaliers "sur des chemins de traverse" pour cette 50ème édition.
Créée en 1963, la "Misa Criolla" est l'oeuvre majeure du pianiste et compositeur argentin Ariel Ramirez (1921-2010). Écrite en espagnol dans le sillage du concile Vatican II qui permit l'introduction de langues vernaculaires (et l'abandon de l'usage exclusif du latin) dans la célébration de l'Eucharistie, la "Misa Criolla" mêle tradition baroque et folklore argentin et bolivien.
Elle comporte cinq thèmes chantés correspondant à "l'ordinaire de la messe" - ses parties invariables - selon la liturgie catholique. Le Kyrie est ainsi composé sur une vidala baguala (blues argentin), le Gloria sur un carnavalito yaravi (rythme ancien proche de la langue quechua) et le Credo sur une chacarera trunca (cousine lointaine de la valse).

- 'La musique n'est pas seule en son royaume' -

Très populaire depuis sa création, la Misa Criolla a été interprétée dans le monde entier, notamment par le ténor José Carreras et la grande chanteuse argentine Mercedes Sosa. Appréciée du Pape François, son compatriote, l'oeuvre de Ramirez a également résonné jusqu'aux voûtes de la Basilique Saint-Pierre du Vatican en 2014.
La version donnée mardi soir à La Chaise-Dieu, interprétée par l'ensemble international de La Chimera, est inventive, rythmique et infiniment mélodieuse. Les arrangements orchestrés par le compositeur et luthiste Eduardo Egüez dépoussièrent une partition marquée par la cinquantaine.
La voix de la soprano argentine Barbara Kusa est envoûtante ; celle de son compatriote, le flûtiste et chanteur Luis Rigou, sensible et spontanée. Plus connu sous le pseudonyme de Diego Modena, ce dernier est l'auteur (avec Jean-Philippe Audin) de "Song of Ocarina", qui lui valut un succès planétaire au début des années 90.
Lors de l'imaginaire "Misa De Indios" (Messe des Indiens), jouée préalablement à la "Misa Criolla" et construite notamment à partir de morceaux datant de l'époque coloniale, ce virtuose de la flûte de Pan transporte avec légèreté le spectateur au pied de la Cordillère des Andes.
"Les partitions de la Misa de Indios montrent le syncrétisme qui s'était opéré entre la musique des Indiens d'Amérique Latine et celle importée alors par les Conquistadors", explique Julien Caron.
"Ce répertoire montre que la musique n'est pas seule en son royaume mais qu'elle est toujours en dialogue avec d'autres traditions étrangères et pas seulement européennes. C'est peut-être une nouvelle page à écrire avec les festivaliers dans les prochaines années", poursuit le directeur qui défend une manifestation "généraliste" et "ouverte à tous".
Au programme encore du Festival qui se tient jusqu'à dimanche, le "Magnificat" et la "Passion selon Saint-Matthieu" de Jean-Sébastien Bach, "Le Sacre du printemps" d'Igor Stravinsky et "Gloria" de Francis Poulenc. Il accueille en moyenne chaque année plus de 20.000 spectateurs.
25/08/2016 -  La Chaise-Dieu (France) (AFP)

 

Reportage vidéo France 3 - 25 août 2016


Chaise Dieu

 

" Pour rendre son lustre et son actualité à cette partition cinquantenaire, le compositeur et luthiste Eduardo Egüez lui apporte aujourd'hui des accents baroques, mêlant aux saveurs du charango, des flûtes ou des percussions indiennes, le timbre des violes de gambe et de la harpe. Le grand raffinement sonore de cette nouvelle approche révèle une oeuvre (...) infiniment touchante et plus que jamais mélodieuse. Naturelle, spontanée, la voix de Luis Rigou, chanteur et flûtiste, se situe en toute subtilité entre chanson et récitatif." (Emmanuelle Giuliani)
Misa Criolla Misa de Indios, Paris
Le Figaro Magazine | Mars 2014

" Cinquante and plus tard, le chef-d'oeuvre revient plus fascinant encore grâce à un travail aux sources effectué par l'ensemble baroque argentin La Chimera. Nourri de l'imagineaire musical de l'Amérique centrale depuis ses origines jusqu'à nos jours, le chef Eduardo Egüez plonge l'oeuvre dans un autre jus, composé de habanera et de boléro cubains, de jacara baroque, de merengue et de joropo vénézuéliens. Ce ressourcement magnifie la dimension festive et populaire d'un parcours intiaitique vers la Lumière." (Olivier Olgan)

Misa Criolla Misa de Indios, Paris
Le Figaro Magazine | Mars 2014

" après quelques battements de tambour, avec les voix de Luis Rigou, de Barbara Kusa, et de la trentaine de choristes du Coral de Pamplona descendant des gradins en file indienne jusqu'à la scène, une grande émotion m'envahit, partagée par mes voisins. Les musiciens et chanteurs nous emportent dans un voyage coloré et rythmé, empreint de la douceur et de la spiritualité des Amérindiens. (...) Mais on ne se lasse pas un instant de ce concert qui n'a rien d'un réquisitoire stérile, bien au contraire. 
Les harmonies vocales se conjuguent avec les orchestrations pleines de justesse d'Eduardo Egüez qui fait dialoguer les instruments du baroque (...) avec les instruments traditionnels indiens (...) ; sans oublier les flûtes (..) jouées par Luis Rigou. (...)
Non content d'être un émouvant chanteur, l'homme est aussi un grand souffleur, "souffleur de rêves". Mais il ne s'en vante pas, avec la simplicité des plus grands. (...)

Sa voix de basse profonde et émouvante se complète parfaitement avec celle de la soprano Barbara Kusa, très pure, qui coule comme une source de haute montagne. La dame est parfaitement à l'aise dans ce répertoire, comme Luis Rigou. Quelque part entre chant liturgique, chant baroque et nueva cancion, ils apportent la pureté originelle nécessaire à cette aventure. Le Choeur de Chambre de Pampelune, dans sa justesse sans faille, leur apporte un contrepoint puissant. (...)
La Chimera porte ici parfaitement son nom pour le côté onirique et composite entre baroque et tradition ; il est le support idéal pour cette résurrection. (...) Le résultat est tout simplement sublime, avec des moments beaux à pleurer." (Elrik Fabre-Maigné) 
Misa Criolla Misa de Indios, Odyssud
Blog 31 | Mars 2014 

" Et, à en juger l'étonnant enregistrement qui parait (...) chez La Musica, elle n'a pas pris une ride. (...) Egüez a réussi le pari de rendre à la musique de Ramirez une forme de pureté originelle. Sa réochestration fait dialoguer avec invention et profusion de couleurs viole, instruments traditionnels indiens de la période coloniale (tels que la vihuela ou le charango, petite guitare péruvienne) et flûtes indiennes tenues par Luis Rigou.
L'exceptionnelle qualité du choeur de chambre de Pampelune - d'une impeccable justesse- et l'émotion de la voix de soliste de Luis Rigou, perdue quelque part entre chant liturgique, déclamation baroque et mueva cancion, ne font que rajouter à la magie de cette résurrection, qui s'adresse autant à l'amateur de musique baroque sacrée qu'à l'éthnomusicologue."
Misa Criolla Misa de Indios, Odyssud
Le Figaro | Mars 2014 

« Eduardo Eguëz et sa Chimera évoquent toutes musiques métissées des Caraïbes (...) Le ton se fait ici plus rugueux, l’expression populaire plus tranchée (...) dans les deux cas, on prend vraiment son pied. Et c’est l’essentiel. » (Serge Martin)
CD Odisea Negra
MAD (Le soir) | Février 2012


« C’est une alliance fascinante de l’ensemble de violes La Chimera avec le luthiste et théorbiste Eduardo Eguëz, le joueur de Kora Ablaye Cissoko et les autres, un melting-pot musical dans lequel la musique baroque européenne cohabite avec le folklore sénégalais et des arrangements modernes d’habaneras et de merengues classiques de Cuba, sans rompre l’harmonie. » (Andy Gill)

CD Odisea Negra
The Independent | Décembre 2011


« La mélancolie, peinte par les violes, se fait encore plus sombre, plus soupirante, et la nostalgie et la douleur se ressentent presque physiquement. Mais par dessus tout, avec en particulier le baryton Furio Zanasi et la magnifique mezzo Susana Moncayo, une musique pleine de joie s'exprime telle une forme d'art idéal, dans lequel les musiciens peuvent s'exprimer librement. Et cette joie est pleinement transmise au public. »
Innsbruck Festival
Tiroler Tageszeitung | Août 2011

« L’ensemble La Chimera nous a fait voyager au fond de nous-mêmes. Une odyssée afrocaribéenne qui a su, en faisant dialoguer musiques anciennes et modernes, montrer avec délectation que le dialogue des civilisations n’est pas un rêve, mais une réalité depuis toujours présente dans la noblesse de l’art et des artistes. (...) Une soirée aussi exquise qu’instructive, qu’ont lancée les « chimères » instrumentées par [Eduardo] Eguëz (...). La musique devient rédemption de l’esclavage, le temps d’un spectacle ovationné de manière largement méritée. » (Alberto Piquero)
Odisea Negra, Gijón
El Comercio | Juillet 2010


« (...) au-delà d’une interprétation, le baryton romain [Furio Zanasi], au mieux de son pouvoir sur le texte et sur les affetti, réussit là une captivante incarnation, avec la caution précieuse de l’instrumentarium de la Chimera où chacun est polyvalent, la réussite de l’ensemble devant beaucoup au savoir-faire d’Eduardo Eguëz qui veille au général comme au particulier, ciselant les sonorités d’orfèvre sur sa panoplie de luths, théorbe et guitare baroque. » (Roger Tellart)
La voce di Orfeo, église des Billettes (Paris)
Concert Classic | Mai 2009

« Le baryton Furio Zanasi (...) possède la voix quasi idéale pour exprimer les infimes nuances de cette musique du coeur : son impeccable diction, sa vigueur rythmique, entraînent l’auditeur dans un tourbillon de couleurs et d’émotions. (...) L’accompagnement instrumental participe de cet enchantement par le raffinement du jeu et la suavité des coloris. Un grand moment de poésie! » (Sylvain Gasser)
CD La voce di Orfeo
Opéra Magazine | Diamant d’opéra | Juin 2009


« [Furio Zanasi] fait merveille dans les pièces de Caccini, où son timbre viril et vaillant irradie un charme indéniable. (...) Les autres instrumentistes sont excellents. Eduardo Eguëz, luthiste souvent admiré aux côtés de Gabriel Garrido, a réuni un groupe de basse continue attentif et efficace, avec une formidable harpiste (Marina Bonetti) (...) » (Denis Morrier)
CD La voce di Orfeo
Diapason | 4 diapasons | Juillet 2009


« Nul chanteur n’est mieux autorisé, aujourd’hui, à ressusciter le répertoire de Francesco Rasi que le baryton Furio Zanasi, « la voix d’Orphée » dans plusieurs enregistrements récents de l’oeuvre de Monteverdi. » (Gilles Macassar)

CD La voce di Orfeo
Télérama | FFFF | Mai 2009


« Le baryton italien Furio Zanasi, assurément le plus grand interprète actuel de l’Orfeo de Monteverdi, et le luthiste argentin Eduardo Eguëz, à la tête de l’ensemble La Chimera, livrent un portrait poétique de musical vivement contrasté de la Voce di Orfeo. » (Mehdi Mahdavi)
CD La voce di Orfeo
Altmusica | Mai 2009

« Orphée d’exception (...), Furio Zanasi s’impose sans conteste. (...) L’insertion judicieuse de quelques lignes signées Le Tasse ou Rinuccini lues par Giulio Caccini permet d’apprécier le soin apporté au mètre du texte par ces pionniers de la monodie accompagnée (...). On ne saura jamais s’il a la voix d’Orphée, mais on peut parier qu’il en possède tout l’art. » (Philippe Venturini)
CD La voce di Orfeo
Classica | 4 étoiles | Mai 2009


« Tout cela est fort bien mis en scène par Eduardo Eguëz, qui parle cette langue assez naturellement pour se permettre de composer un brillant prélude (Suite en fa) alla Weiss. Réglant son tempo sur la longueur d’une acoustique généreuse, le luthiste argentin traite son instrument comme un orchestre miniature ; le juste poids des accents, les plans sonores savamment organisés et ce confort que procure une sonorité très stable lassent la musique respirer. Elle surgit alors dans une absolue transparence. Pour une fois, l’élégance côtoie l’urgence, à l’image d’une musique qui semble se réinventer à chaque instant. » (Philippe Ramin)
CD Oeuvres pour Luth, paru en 2005
Diapason | Diapason d’or | Janvier 2010

© DR

 

LES CONCERTS PARISIENS | +33(0)1 48 24 16 97 | mentions légales | Réalisation