Projets spéciaux

MEDIANOCHE - Vicente Pradal

SITE INTERNET DU SPECTACLE : http://medianoche.fr/

Il est minuit, l’heure de la fête. C’est l’heure où l’on crée le cercle entre amis, où l’on prend la guitare, un accordéon, où l’on chante et on danse…

Vicente Pradal met en scène et en musique cette scène de bonheur ordinaire sur fond de Romances, ces poèmes du XVe siècle qui ponctuent les réunions festives de tous les Espagnols. De ces romances, le maître du « théâtre musical » en aime la concision, la métrique octosyllabique, les brutales accélérations. Et il confie à une « troupe de baladins » le privilège de porter ces histoires populaires qui parlent du quotidien : la vie, la mort, la liberté, la condition des femmes, les amours impossibles ou les filles mal mariées… On y retrouve l’âme du flamenco partagée entre souffrance et flamboyance, sa flamme et la virtuosité de ceux qui l’entretiennent. Quatre musiciens jouent ici de cinq instruments, quatre chanteurs convaincus, une danseuse féline et un jongleur inattendu rivalisent d’excellence pour mettre le feu à la scène.

"Le spectacle MEDIANOCHE se fonde sur les Romances et Villancicos, poèmes pour la plupart anonymes, qui ont été écrits à partir du XVe siècle, certains même au XIVe siècle, en Espagne.

C’est là que l’Art Flamenco, que j’ai longtemps étudié et pratiqué, puise ses sources et c’est dans ces Romances que trouve son socle littéraire et poétique la riche et belle Copla flamenca.

Des Romances, j’aime la concision, la précision de ses descriptions narratives, la perfection de sa métrique octosyllabique, j’aime aussi ses brutales accélérations dans le récit.

Mon travail se concentre sur les textes qui nous parlent de l’amour et de la mort, toujours si étroitement liés dans les Romances, car là se trouve, à mes yeux, la quintessence de ces poèmes singuliers. Certains s’apparentent aux contes, certains sont métaphysiques, d’autres satiriques et drôles.

J’ai passé de longues heures dans les silencieuses bibliothèques madrilènes à dénicher les meilleurs dans des livres anciens, je les ai trouvés et mis en musique.

Ces Romances savoureux et profonds seront interprétés par une équipe constituée de quatre voix, deux musiciens, une danseuse flamenca et un jongleur circassien.

Tour à tour les interprètes se feront narrateurs ou incarneront les personnages qui peuplent ces récits, comme des conteurs saltimbanques, des bateleurs.

MEDIANOCHE sera un rendez-vous festif et profond où l’on évoque la liberté, la mort qui nous poursuit, la condition des femmes, les amours impossibles, les filles mal mariées, la communion avec la nature. Romances et Villancicos anciens, riches d’enseignements pour les femmes et les hommes d’aujourd’hui dont beaucoup découvriront l’existence de ce chapitre fondamental de la littérature espagnole."

Vicente Pradal

 

EQUIPE ARTISTIQUE

Composition, mise en scène, direction : Vicente Pradal
Assistante à la mise en scène : Coralie Zahonero
Lumière : Vincent Féron
Son : Alfonso Bravo

avec
Vicente Pradal : voix, guitare
Frédérika Alesina : voix, instruments
Paloma Pradal : voix, danse, instruments
Luis Rigou : chant, flûtes
Eva Luisa : danse
Juan Manuel Cortés : percussions
Miguel Gigosos Ronda : jongleur, chœurs
Didier Dulieux : accordéon

 

 

ELEMENTS HISTORIQUES

Le Romancero espagnol est un ensemble de courts poèmes nommés romances tirés des chansons de geste en langue castillane à partir du XIVe siècle et transmis par tradition orale jusqu’au XIXe siècle où, étant donné l’intérêt porté par le romantisme à la littérature médiévale, Agustín Durán commença à les rassembler, dans un premier temps dans ses Colecciones de romances antiguos o Romanceros (Valladolid, 1821), puis plus tard de façon plus complète dans son célèbre Romancero General. Par la suite au XXe siècle, Ramón Menéndez Pidal et son école, le Centre d’études historiques entreprirent la compilation, le classement et l’étude exhaustifs des romances.

Bon nombre de romances proviennent en particulier du XVe siècle et ont été conservés grâce à des collectionneurs contemporains de ces compositions, qui les achetaient dans les férias sous forme de co dels et qui élaboraient à partir de ceux-ciles recueils dénommés cancioneros de romances. C’est ce que l’on appelle le Romancero viejo. Cependant depuis, bon nombre d’écrivains espagnols parmi les plus prestigieux (Félix Lope de Vega, Luis de Góngora, Francisco de Quevedo, Sor Juana Inés de la Cruz, Ángel de Saavedra, Miguel de Unamuno, Juan Ramón Jiménez, Federico García Lorca, Gerardo Diego...) entreprirent de les imiter, et formèrent ainsi un nouveau corpus de poèmes que l’on dénomme Romancero nuevo.

Le Romance

Un romance se compose de groupes d’octosyllabes dont les pairs riment en rime assonante. Les plus anciens utilisent parfois un paragoge en fin de vers pour compléter la rime et ne possédaient pas de division strophique. Les plus modernes regroupent par contre les vers de quatre en quatre. Tous les anciens romances sont anonymes et largement influencés par la religion, la guerre et l’amour. Ils se distinguent des ballades européennes par leur préférence au réalisme plutôt qu’au fantastique et par leur caractère dramatique davantage marqué. Son style est également caractérisé par certaines répétitions de syntagmes de façon rythmée (Río verde, río verde), par un usage relativement libre des temps verbaux, par l’abondance de variantes (les textes varient et s’influencent réciproquement, ils se «modernisent» ou terminent d’une façon différente à cause de la transmission orale) et par un final souvent brusque, qui confère quelquefois un grand mystère au poème. Sa structure est variée : certains comprennent une histoire depuis son commencement jusqu’à son dénouement tandis que d’autres ne sont que la scène la plus dramatique d’un récit réparti sur plusieurs romances. Parmi ceux-ci on peut distinguer le Cantar del Mío Cid et l’Histoire de Bernardo del Carpio.

Diffusion

Les débuts de sa diffusion imprimée se situent aux alentours de 1510, essentiellement par des cordels. Il faudra attendre la publication à Anvers, vers 1547-1548, du Cancionero de romances de Martín Nucio pour finalement disposer d’une véritable anthologie du vieux romancero espagnol. Ses 156 romances furent ré-édités, sans modifications, à Medina del Campo en 1550, et la même année à Anvers, par Nucio, qui lui ajouta 32 nouveaux éléments. L’édition de 1550 sert de modèle aux trois réimpressions qui suivent, en 1555, 1568 et 1581.

C’est seulement à partir de 1547-1548 que les romanceros font l’objet d’éditions séparées et spécifiques ; ce sont les Silvas de varios romances, avec une « Première partie » (Saragosse, 1550, 1552), une « Seconde partie » (Saragosse, 1550, 1552) et une troisième (1551-1552). Au total donc une quinzaine d’éditions de romances entre 1548 et 1568, si l’on prend en compte les trois rééditions du Cancionero de romances et les quatre éditions successives des Romances nuevamente sacados de historias antiguas. Avec la Flor de romances rassemblée en 1589 par Pedro de Moncayo débute la publication d’anthologies de romances nouveaux qui finiraient par constituer le Romancero General de 1600.

 

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