Solistes instrumentaux

Pierre HANTAÏ - Clavecin

CHOC - Classica

Pierre Hantaï rappelle que Scarlatti n'est pas seulement le compositeur de la virtuosité impatiente. Derrière ses grands gestes et ses coups d'éclat se cache une âme sensible. Mais le claveiniste n'est perd pas pour autant ses doigts agiles, qui réalisent de grands écarts, dévalent les trilles, se montrent déliés et aériens, prêts à s'aventurer dans ces sonates si personnelles. 

Classica | septembre 2017 | 
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A Triumph Return

Nicholas Anderson gives a warm welcome to Pierre Hantaï's Scarlatti

After a gap of ten years Pierre Hantaï resumes his stimulating survey of Scarlatti's keyboard sonatas on the Mirare label Volume 4. The 17 pieces featured here project the broad and colourful spectrum of the composer's unique tonal palette wich owes distinction, in part at least, to its stylistically transitional character. Hantaï responds sensitivitely to the myriad expressive nuances of these single-movement Sonatas, overlooking none of their subtleties and underlining their striking affective contrats. On one hand, for instance, there's the sparkling A major Sonata, K212, with its percussive element; on the other, there's the poetically reflective G major Sonata, K144. 

In this last-mentionned piece Hantaï captures with delicacy that elusive Scarlattian rhethoric which unfailingly stirs our imagination and touches our sensibilities. 

The lyrical and somewhat melancoly Sonata in A major, K208 - which, incidentally, Hantaï includes on two of his previous discs - makes an alluring introduction to a ceaselessly absorbing repertoire. Readers should not be deterred by the sheer number of Scarlatti keyboard sonatas, for no one piece is typical. For instance, the multisectional F minor Sonata, K204a is quite different from the folk-like, innocent charm of the A major, K279. The harpsichord, modelled on a mid-18th century German instrument, is brightly recorded. 

BBC Music Magazine | Music instrumental choice | septembre 2016 | Nicholas Anderson 
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Pierre Hantaï - Domenico Scarlatti

L'impressionnante armada de jeunes clavecinistes que rien n'effraie, pas moins à l'aise avec les dentelles de Sweelinck qu'avec le Fandango de Soler, qui ornent comme ils respirent, et qui respirent large, donne le tournis et nous ferait presque oublier qu'un Pierre Hantaï domine aujourd'hui son instrument comme personne. Domine ? Mieux : invente. De son maître Leonhardt il a reçu, plus qu'un livre de recettes, l'art de poser lui-même les règles du jeu, en essayant tout ce que le clavecin permet, en combinant avec autant d'art que d'imagine tout ce qui put agir sur l'auditeur (rubato, direction, ponctuations, résonances propres à tel instrument).

Car au clavecin il convient de tricher, de mimer sans cesse une variété que sa mécanique ne traduit qu'à contrecoeur. Et personne ne triche comme Hantaï. Du propos expérimental et obsessionnel de Scarlatti il a fait son propre laboratoire, baigné d'un lumière particulièrement chaude dans le cinquième opus qu'il lui consacre (Astrée 1991 Mirare 2002, 2004 et 2005).

Les volumes précédents, qui laissaient à chaque fois la jeune garde à genoux, faisant la part belle aux caprices fiévreux et aux sonates d'une virtuosité féroce, balayant le clavier comme on gratte la guitare.

S'ils sont plus rares aujourd'hui, la palette d'humeurs n'est pas moins large ni intense. Un petit relâchement de phrasé suffit à nous faire entendre, derrière la tendresse bienveillante d'un cantabile (K 144), la fierté d'un grand d'Espagne.

Scarlatti n'aime rien tant que « zapper », nous dit Hantaï (cf interview p. 32) qui manie la télécommande en prestidigitateur : tout l'art est ici de partager avec l'auditeur la stupeur, le doute, l'impatience, la fierté, la résistance, le désir d'un motif nouveau. Ou l'agacement, la fascination, la candeur, l'obstination lasse ou cruelle, d'une répétition. L'entrée en matière est un coup de maître : la K 212 déroule d'abord une guirlande de doubles croches, scintillante, étirée, interminable...Vitage serré à mi-parcours, puis toute la deuxième partie voit des ombres prendre le dessus et gagner la guirlande, qui ne trouve sa lumière qu'une poignée de secondes avant l'accord final. La musique qui se présentait comme la plus bavarde et confortable nous a plongé dans une délectation insécurité. Le disque peut commencer.

Diapason | Gaëtan Naulleau | Juin 2016

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Le choix de l'OBS

Lorsqu'il joue Bach, Pierre Hantaï (ci-dessous) se montre parfois versatile, contradictoire, hésitant entre l'intériorité et une exubérance finalement assez gouldienne. Il en résulte qu'on ne sait pas très bien à qui l'on a affaire. On dirait que la virtuosité transcendante est pour lui une pente sur laquelle il se laisse glisser, quitte à la remonter d'ahan aussitôt après. Dans Scarlatti, cette constitution fait merveille. Qui est plus contradictoire, versatile, que Scarlatti ? D'une sonate à l'autre, tout le paysage change, comme dans Diderot. Ici, c'est l’exubérance, la jubilation, le soleil éclatant ; là c'est une noirceur inconsolable, là encore une mélancolie un peu complaisante, là c'est juvénile, ou profond...Alors voilà notre Hantaï comme un poisson dans l'eau, avec ses prodigieuses décharges d'adrénaline, suivies d'un menton baissé sur la poitrine, méditant sombrement sur la destinée humaine. Quelle beauté ! Quelle puissance dans l'enthousiasme ! A-t-on jamais entendu Scarlatti joué avec pareil brio ? Comme le regretté Sviatoslav Richter, qu'Hantaï écouter avec ardeur à l'autre bout de la France (on ne cessait de l'apercevoir à ses récitals, jusque dans les lieux les plus reculés), il ose tout, il réussit tout, c'est étourdissant. Cela vibre à la vitesse de l’électricité, mais avec une précision microscopique. Quand vous êtes épuisé d'avoir écouté cinq fois de suite la sonate K 201, qui n'est que déferlements, cataractes, vous vous repasser la K 208, cette lente déploration, désertique, désolée, et vous vous promettez de la demander pour votre enterrement. Mais s'il faut continuer de vivre la longue journée sans pain qui s'annonce, tournez-vous vers la K 45, ce combat de gammes qui courent en tout sens, qui balaient le clavier comme un vent de printemps, et vous vous lèverez d'un bond, armé pour toute la vie...Puisse-t-elle veiller sur vous ! Fasse Dieu qu'elle coure dans vos veines jusqu'à la fin...Au terme de sa préface aux trente premières sonates, Scarlatti s'adresse au musicien qui va le jouer : «  Vivi felice ! » Vivez heureux ! Il suffit d'obéir.

l'OBS | Jacques Drillon | Juin 2016

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" Surtout, pendant mes concerts, après la réflexion (...), j'essaie de me laisser surprendre par la musique." 
Point de Vue | Janvier 2014

« (...) un récital de toute beauté sous les doigts experts du claveciniste français. [Pierre] Hantaï aborde ce répertoire avec beaucoup d'autorité, des qualités digitales évidentes, de l'imagination dans l'ornementation, une lisibilité dans les pièces fuguées. Acclamé comme il se doit, il gratifie le public, nombreux, de quelques bis, notamment le magnifique prélude n°18 en sol dièse mineur tiré du deuxième livre du Clavier bien tempéré. »

Récital JS Bach, Festival d’Ambronay

Resmusica | Septembre 2011



« Le programme de Pierre Hantaï, entièrement orienté autour de la musique pour clavecin de Jean-Sébastien Bach, est d'une remarquable qualité. Les extraits du Clavier Bien Tempéré, sont l'occasion de goûter l'extraordinaire toucher du claveciniste, allié à une maîtrise consommée des « affects » de l'art du grand Bach. » 

Récital JS Bach, Montpellier
La Gazette de Montpellier | Mars 2011

 

« Dès les priemères notes du concert, avec Couperin la grâce de la flûte s’impose, harmonieusement soutenue par la viole et le clavecin. (…) L’homogénéité du trio prend toute sa dimension avec Telemann dans lequel les virtuoses donnent toute la mesure de leur art, mettant en valeur l’imagination instrumentale du compositeur. »
Concert du Trio Hantaï, Festival de musique ancienne Avignon Vaucluse
La Provence | Août 2009

 

« (…) il fallait compter avec le talent de Pierre Hantaï ; particulièrement en verve. (…) Pierre Hantaï , grâce à la souplesse naturelle qu’il accorde à la pulsation, évite l’écueil. (…) le claveciniste a fait preuve d’une grande liberté dans Couperin, rayonné d’aisance dans les pyrotechnies de Sarlatti… quand la Suite Anglaise et le Concerto Italien de Bach ont achevé de convaincre de l’indéniable richesse inventive du musicien. » (Jacques Freschel)
Récital Clavier Bien Tempéré JS Bach
Zibeline | Janvier 2009

 

« Pierre Hantaï est sans doute l’un des interprètes les plus passionnants à écouter dans la musique du Cantor. (…) Son jeu dynamise le violoncelliste, le porte, l’emmène vers une rythmique toujours renouvelée. Hantaï, s’il est un partenaire idéal dans les Sonates, s’est montré avec toutes ses qualités à découvert dans une somptueuse Suite Anglaise. »
Récital JS Bach avec Jean-Guilhen Queyras (violoncelle)
Le Journal de Saône-et-Loire | Janvier 2008

 

« (…) Pierre Hantaï proclame un véritable manifeste, pour un art plus tonique et solaire que frileux, plus inquiétant et résolu qu’évanescent. (…) Quel sourd désespoir perce au cœur des Fauvettes plaintives, quel sombre et secret tocsin retentit au creux du Carillon de Cithère ! Ce Couperin-là est bien Couperin le Grand. »
CD Couperin, 2007
Telerama | FFF

 

« Tout parle dans ce clavecin, tout est mis en lumière, le chant, bien sûr, ample et délié, les plis et replis des arpèges, ciselés comme une étoffe sous le pinceau d’un Largillière, aussi la basse –et quelle basse !- quelle main gauche, qui guidera crânement les déambulations de l’Amphibie et caressera Les Fauvettes plaintives. (…) c’est toute la magie de ce jeu qui combine au plus haut degré le discours et l’évocation, l’intensité prodigieusement variée de l’articulation (la Flore, la Saillie !) et la respiration nourricière des résonances. »
CD Couperin, 2007
Diapason | Diapason d’or

 

« Les pièces de Clavecin en Concerts sont interprétées avec imagination, virtuosité et la présence sous-jacente de la métrique baroque que le pubic ressent plutôt qu’il ne l’entend. Chacun est emporté par l’attention des musiciens à la prose de Rameau mêlant le drôle, le passionnant et l’absurde avec une nuance de parodie ironique typiquement française.»
Récital Rameau, avec le trio Hantaï et Ryo Terakado (violon)
Washington Post | Janvier 2005

 

« Loin de toute frivolité décorative, de toute joliesse belcantiste, l’interprétation de Pirre Hantaï empoigne en souplesse, égratigne en douceur, mais touche au plus profond. (…) A l’image de Scarlatti, les qualités de Pierre Hantaï sont celles d’un artiste souverain. Indépendant et imprévisible. Irrepérable et irrécupérable. Libre. » (Gilles Macassar)
CD Scarlatti 2, 2005
Télérama | FFFF

 

« C’est une explosion de couleurs et de parfums, de gestes idiomatiques (…) autant qu’un voyage intérieur aux infinies modulations. Ceux qui ne connaissent pas Hantaï vont être sidérés par la virtuosité digitale déployée, la sonorité superlativement orchestrale du clavecin (…) et resteront totalement sonnés par l’expérience. (…) Hantaï habite Scarlatti comme Bach : en poète, en savant engagé, en cheval fou et maître zen. » (Eric Dahan)
CD Scarlatti 2, 2005
Libération

 

« Dans Scarlatti, Pierre Hantaï donne le vertige. Ce n’est pas un étourdissement provenant d’une démonstration de virtuosité, mais une interrogation grisante, parfois inquiétante, surgie de sonates envisagées comme des instantanés. (…) Si l’on veut découvrir Scarlatti comme l’inventeur d’un langage totalement singulier, c’est bien ici que le dépaysement est au rendez-vous. » (Marc Desmet)
CD Scarlatti 2, 2005
Le Monde de la musique

 

« (…) Son jeu flamboyant a su trouver une simplicité rayonnante, un naturel qui cerne au plus près la pensée de Scarlatti (…). Cette maturité fait comprendre à quel point le clavecin est préférable au piano moderne, et ceci bien davantage que dans la plupart des versions existantes sur instruments anciens. A ce degré d’inspiration la critique devient difficile ; les mots ne peuvent rendre compte des outils dont use l’interprète, de la pertinence d’une pensée musicale, de l’adéquation plus ou moins réussie entre cette pensée et la réalisation technique. Alors taisons-nous et écoutons. » (Philippe Ramin)
CD Scarlatti 2, 2005
Diapason | Diapason d’or

 

« (…) Pierre Hantaï me paraît dominer ici son sujet de la tête et des épaules. Il assume à nouveau sa lecture épicée avec une profondeur de vision, une maturité musicale et surtout une autorité que la plupart de ses rivaux ne possèdent pas au même degré. Ces derniers semblent nous proposer le texte musical, quand Hantaï nous l’impose. » (Gérard Belvire)
CD Clavier Bien Tempéré, 2002
Répertoire


« Impérieuse et inexorable, cette interprétation nous rappelle aussi que ces sonates sont une mystérieuse musique d’exil, l’ultime message d’un compositeur qui (…) a déserté sa patrie(…). « Soyez heureux en jouant ces exercices », note-t-il en préface à une édition de ses sonates. On l’est, en tout cas, à l’écoute de cet enregistrement. On en attend la suite. Ardemment. » (Gilles Macassar)
CD Scarlatti 1, 2002
Télérama | FFFF

 

« Rien ne résiste au souffle de cette implosion musicale qui parcourt l’échine scarlatienne comme un séisme des grnades mutations géologiques. Hantaï est le Jimmy Hendrix du clavecin. (…) Osera-t-on dire qu’il s’est encore ici surpassé ? La musique y est soushaute tension. Digitalité démoniaque, tempérament volcanique et sensibilité de grand brûlé, Pierre Hantaï développe une esthétique de ce que l’on pourrait appeler l’apnée en enfer. » (Marie-Aude Roux)
CD Scarlatti 1, 2002
Le Monde

 

« Pierre hantaï s’abandonne. (…) Surtout, par les risques qu’il sait prendre – et calculer – il rend à Scarlatti cette vertu suprême : la liberté. (…) Nous sommes là pour suffoquer, pour brûler, pour gifler la mort. Pour le grand frisson et pour le plaisir. » (Ivan A Alexandre)
CD Scarlatti 1, 2002

Diapason | Diapason d’or



« (…) en une heure, [Pierre] Hantaï résume les principaux traits de la musique de Scarlatti et il offre ainsi la plus cmplète anthologie imaginable. (…) Hantaï, malgré ces options hardies, fait toujours chanter son instrument, ne raidit jamais le geste, se garde bien de confondre virtuosité et mécanique et laisse transparaître une trouble inquiétude. »
CD Scarlatti 1, 2002
Le Monde de la musique

© Philippe Matsas

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