Solistes vocaux

Simone KERMES - Soprano

Une Diva pas comme les autres
La soprano Allemande Simone Kermes vient à la Salle Gaveau pour un concert-présentation exceptionnel de son dernier album paru chez Sony Classical « Dramma ». Il s'agît d'une sélection d'airs d'opéra seria, véritable hommage à l'art des castrats de la période baroque, avec quelques morceaux purement instrumentaux. Elle est accompagnée par l'orchestre de chambre italienne La Magnifica Comunita jouant sur des instruments d'époque sous la direction du premier violon Enrico Casazza.
Le concert commence avec l'ouverture de l'opéra « L'Agrippina » (1708) de Porpora. Le morceaux est charmant, et la force vitale et l'humour de l'écriture mettent en évidence l'influence du maître baroque sur Haydn, qui fut son élève. Des cinq pièces purement instrumentales, le Concerto pour violon, cordes et continuo en ré majeur de Vivaldi a été l'occasion pour l'ensemble de montrer leur compétence et pour le soliste et chef de montrer sa virtuosité. La musique, d'une pulsion rythmique très vive, avec des contrastes dramatiques importants, est interprétée correctement, mais avec une certaine timidité qui semble disparate pour une telle musique.
Simone Kermes entre en scène avec l'éclat qui la caractérise et commence directement l'air de victoire d'Oronta « Vedra turbato il mare » de Mitridate (1730) de Porpora. Ainsi débute et s'affirme l'agilité impressionnante d'une voix aérienne . Elle semble être en parfaite synchronie avec l'ensemble, mais reste sans doute la protagoniste sur scène avec ses grands gestes, ses regards intenses et déjantés, surtout son immense sens du théâtre et sa grande musicalité. Dans l'air de bravoure d'Arminio « Empi, se mai disciolgo » de Germanico in Germania (1732) du même compositeur, la diva attaque avec brio le rythme endiablé du morceau virtuose. Un tour de force vocale et dramatique.
Mais Simone Kermes montre également que ses détracteurs conservateurs ont tort quand ils ne voient en elle qu'une virtuose irrespectueuse de la musique interprétant avec force théâtralité. La cantatrice chante l'air « Alto Giove » de Polifemo (1735) avec maestria et sensibilité. Nous ne trouverons pas de regards frappants dans cet air, mais une édifiante spiritualité, une performance exquise et bien ornementée, un délice balsamique pour les oreilles et pour les cœurs. Ainsi, dans l'air de Licida « Consola il genitore » de L'Olimpiade (1756) de Hasse, accompagnée uniquement par le clavecin, sa voix cristalline se présente avec plus de grâce rococo ou pré-classique que de pompe baroque; très tendre, elle n'exclut pas pourtant une exaltante virtuosité. Dans ce sens, l'air qui termine officiellement le concert, « Sul mio cor » d' Adriano in Siria (1734) de Pergolèse, est interprété avec sentiment et baigne la salle avec la joie sereine emblématique du compositeur.
La surprise inattendue de la soirée furent les cinq bis qu'elle nous a généreusement offert. D'abord l'incontournable « Son qual nave ch'agitata » de Broschi (frère du castrat Farinelli et écrit spécialement pour lui), pièce de caractère qu'elle interprète comme s'il s'agissait du tube Rock n' Roll : avec applaudissements. Le public fut charmé et l'a accompagné avec constance et chaleur. Puis la diva interprète le grand classique d'Édith Piaf « Non, je ne regrette rien », séduisant un public davantage émerveillé. Ensuite, vient la chanson allemande « Lili Marleen » d'une beauté sublime. L'inévitable « Lascia ch'io pianga » suit, avec une articulation sans reproche et beaucoup de sensibilité. Ce fut le moment décisif, le public ne pouvait plus rester assis devant tant d'art, tant de beauté, et s'est mis à applaudir débout en pleurant, criant des « Bravo! » dans tous les coins. Une longue standing ovation des plus touchantes et très bien méritée. Et comme tout beau geste se voit récompensé, Simone Kermes décide de nous offrir une dernière pièce de bravoure pour finir la soirée, l'air de Vivaldi « Agitata da due venti ».
La présence scénique et la personnalité passionnée et vivace de Simone Kermes paraît être faite pour la musique dramatique baroque, avec ses excès et ses affects bien définis. Pourtant cette nuit, elle a démontré que son talent s'élève au-delà des clichés, des préjugés, des périodes. Simone Kermes est une diva en plein essor, elle est engageante et accessible également, à la fin du concert, elle côtoyait le public enflammé pour donner des autographes et prendre des photos. Une expérience inoubliable grâce à une diva décidément pas comme les autres.
CLASSIQUENEWS - Adrien de Vries - 28/10/2012 

 

Une Diva sans piédestal (4 coeurs Forum Opéra)
Rencontre au sommet entre la cantatrice allemande Simone Kermes et les virtuoses italiens de La Magnifica Comunità, cette soirée ouvre avec flamme et panache le trentième festival de musique baroque de Lyon, dans la très belle chapelle de la Trinité. Paradoxalement, revêtir les atours de la diva n’éloigne nullement Simone Kermes de son public, au contraire. On est fasciné par la proximité évidente, par la connivence et le rayonnement qui émanent de cette immense artiste interprétant des airs anciens selon les codes musicaux de l’époque baroque mais avec une gestuelle moderne, soulignant le rôle fondamental d’un rythme qui transcende le temps. Elle possède non seulement la faculté de rendre proche ce qui est éloigné, mais aussi la capacité de transmettre au public, y compris le plus jeune, la beauté de formes et de formules appartenant au passé. Devant les tableaux hauts en couleurs de la chapelle, la cantatrice à la chevelure flamboyante semble en effet s’être échappée des cadres rigoureux de la représentation figée, devenant icône vivante ou plutôt mise en scène d’une icône dont elle déconstruit savamment les poses en se désarticulant comme un pantin, ou en utilisant la spontanéité du déhanchement, du jeu d’épaules et de mains généralement associés aux musiques rock, pop ou techno. Mais aussi les mimiques rageuses, enamourées, graves, mélancoliques, attristées ou désespérées exprimant les affects des personnages qu’elle incarne. Battant des cils et roulant les yeux, Simone Kermes provoque, inquiète, séduit, émeut. En des temps de désolidarisation habituelle du corps et de la voix – puisqu’aussi bien nous pouvons écouter son chant sur divers supports en son absence –, elle nous rappelle qu’à l’époque baroque il n’était pas de voix sans présence physique du corps. C’est une évidence qui ne s’impose comme telle qu’au moment où précisément on peut la voir chanter. Comme l’écrivait déjà notre confrère Bernard Schreuders à propos de son récital à Bruxelles en 2011, il n’est plus possible d’écouter Simone Kermes de la même manière après avoir eu la chance d’assister à l’un de ses récitals.
Le programme fait la part belle aux morceaux de grande virtuosité, dans lesquels excellent en tous points non seulement la cantatrice mais également l’ensemble de La Magnifica Comunità, dirigé par Enrico Cassazza démontrant aussi son exceptionnel talent de violoniste (notamment dans l’extraordinaire et redoutable solo du Concerto en ré majeur de Vivaldi) : précision de l’exécution, sens profond des nuances, complicité de chaque instant. Belle entente humaine, aussi, comme le prouvent les sourires échangés et ces moments émouvants où Simone Kermes se presse contre le claveciniste Davide Pozzi après le superbe « Consola il genitore » de Hasse (pendant lequel les autres musiciens ont quitté la scène), où Enrico Cassazza embrasse la cantatrice, qui elle-même pousse vers l’avant de la scène les autres musiciens et les fait saluer individuellement.
Dans les airs rapides, Simone Kermes insuffle un dynamisme qui suscite le vertige tout en contrôlant les débordements des affects, tandis que les airs lents sont l’occasion de démontrer un art consommé de la messa di voce, des attaques subtiles et des vocalises, manifestations d’un travail sur le souffle dont le labeur ne transparaît jamais. Non seulement la cantatrice donne à son art l’apparence de la facilité, mais elle peut même se permettre, tout en le déployant, de sembler prendre ses distances avec sa dimension esthétique. Par une petite pause, par une gestuelle particulière, elle paraît se moquer d’une grandiloquence ou d’une préciosité inhérentes au texte et à la composition musicale.
Dans cette réappropriation de l’esprit baroque, elle est en plein accord avec l’orchestre, jouant aussi de ces ruptures de ton, de ces brusques revirements. Le plus admirable, outre que l’attention et l’intérêt sont sans cesse relancés, est que cela ne nuit en rien à la qualité de l’émotion. « Tace l’augello » est proprement étourdissant, « Alto Giove » nous laisse sans voix, « Lascio ch’io pianga » est suivi d’un silence qui en dit long, quand certains auditeurs sont toujours trop prompts à clamer leur admiration. Mais il faudrait citer l’ensemble des airs, où l’art du rubato crée ces déséquilibres à peine perceptibles dans le cadre contraignant de la mesure, où l’agilité vocale vient à bout des aigus les plus périlleux. Tous révèlent derrière la figure extravagante de la diva la présence authentique et chaleureuse d’une cantatrice qui nous fait partager avec générosité sa passion mais aussi la fragilité de l’humaine condition. Loin des représentations muséographiques d’un baroque poudré, la distance quasi ironique qu’elle ménage avec son propre chant - expression pourtant si intime des affects - est à porter au crédit d’une artiste qui sait d’un clin d’œil remettre les choses à leur juste place tout en maintenant dans son art un niveau d’exigence élevé. Cela fait aussi d’elle l’une des meilleures ambassadrices de la musique baroque auprès de la jeunesse, comme on le constate en voyant et en entendant le public sortir de la chapelle. Même si la place occupée par Simone Kermes et les musiciens – sous la coupole de la chapelle – a privé les derniers rangs de l’entière plénitude des sons, le public manifeste unanimement son enthousiasme.
FORUM OPERA - Fabrice Malkani - 17/10/2012

 

A Gaveau, le phénomène Kermes
Un vent de folie vient de souffler sur la salle Gaveau, la tumultueuse et sulfureuse soprano Simone Kermes a fait voler en éclats toutes les conventions du récital avec un aplomb et une aisance confondants : entrée fracassante, tenues vestimentaires spectaculaires, le regard perçant, des cheveux de braise, et une présence scénique outrancière qui pourraient aisément déstabiliser un public non averti. Se serait-on trompé de concert ? Car la soprano allemande s’ingénie à faire de son récital un spectacle rock’n'roll. Elle bondit, danse, interpelle le public: le show rock est complet ! Alors devant tant d’artifices, on se met à douter, tout cela masquerait-il quelques faiblesses vocales ? Mais dès son premier air, la chanteuse dissipe toute forme de doute possible ! Rompue aux exigences techniques du baroque, sa pyrotechnie semble sans faille : vocalises endiablées, rythmes les plus fous, pianissimi, soufflets et tenues de notes d’une grande finesse…, le tout servi avec un engagement démesuré, et de  périlleuses prises de risque vocales !
On ne sait plus alors quoi louer le plus : les airs virtuoses échevelés ou bien les plaintes ductiles et éthérées… En effet, comment résister aux notes piquées de l’air « Son qual nave in ria procella » de Leo, le tout chanté dans une cadence infernale, ou bien ses notes suraiguës chantées pianissimo dans l’air dialoguant avec le seul clavecin « Consola il genitore » de Hasse. Mais au final, c’est bien dans les plaintes que l’artiste excelle véritablement et ferait taire les plus sceptiques, lorsqu’elle s’abandonne enfin. Elle rend les armes et nous désarme en nous susurrant dans la plus totale sobriété un « Lascia ch’io pianga » de Haendel telle une prière, ou encore un fragile « Alto Giove » de Porpora, qui touche au sublime et pousse l’humble critique à poser son stylo et se laisser gagner par le plaisir d’une ineffable émotion.
Qu’importe alors ces quelques excentricités ou autres dérapages, l’artiste n’en n’a que faire, et finalement nous aussi, car seul le spectacle compte : le one woman-show d’une personnalité unique  est total, la fougue communicative, et les sensations fortes garanties !
Pour l’accompagner dans ce spectacle musical détonnant, la soprano s’est entourée d’une petite formation italienne, spécialiste du répertoire. Citons le violon solo particulièrement chantant et virtuose d’Enrico Casazza, qui fait notamment des merveilles dans le très contrasté concerto de Vivaldi dit « Il Favorito » et du bondissant violoncelliste Giuseppe Mule. Portée et soutenue par leur grande complicité musicale, la reine de la soirée peut donner libre cours à ses fantaisies et entraînera même le public à battre bruyamment le rythme de l’air « Son qual nave » ! Après une longue standing ovation et ce plein d’émotions, le public sort chamboulé d’un spectacle insolite qu’il n’est pas prêt d’oublier.
RESMUSICA - Ruggero Meli - 2/10/2012

 

Croqueuse de vocalises, mais pas seulement
Si vous avez un jour la chance d’assister à un récital de Simone Kermes, vous n’écouterez probablement plus jamais ses albums de la même manière. Vos doutes éventuels, vos préventions pourraient même disparaître. Bien sûr l’ivresse s’y devine, mais le disque prive l’auditeur de ses manifestations les plus spectaculaires et d’une présence stupéfiante. Les haendéliens connaissent depuis une dizaine d’années cette voix longue et agile, ses aigus et suraigus adamantins : Simone Kermes campait le rôle-titre de Deidamia, dernier opus lyrique du compositeur remonté à Sienne en juillet 2002 et enregistré dans la foulée par Alan Curtis. La colorature a depuis fait preuve d’un bel éclectisme, de Vivaldi à Schumann en passant par Beethoven ou Krauss, Haendel conservant toujours une place de choix dans son parcours. Ainsi, entre deux albums de premières mondiales qui défrichent les répertoires belcantistes de Naples à Vienne (« Lava » et « Colori d’amore »), la chanteuse a pris le temps de consacrer un hommage à Francesca Cuzzoni (chez Berlin Classics), l’une des interprètes préférées du compositeur.
Simone Kermes déboule d’un pas décidé et toise le public avant de se tourner vers l’orchestre: Armide veut en découdre et laisse exploser sa fureur. Ce n’est pas seulement la tête, impressionnante avec sa paire de saphirs sous un casque flamboyant, mais le corps tout entier qui vibre et irradie d’une énergie profuse, un corps extraordinairement mobile, réactif. Dans la virtuosité comme dans l’élégie, il épouse et prolonge la moindre inflexion du chant et nous révèle la sensibilité, le tempérament, la sincérité de l’artiste que les enregistrements ne restituent qu’imparfaitement. Au fil de la soirée, nous ne découvrons pas seulement une actrice, mais une musicienne qui, dans tous les registres, se donne sans compter et s’amuse, se joue des difficultés avec gourmandise, prend des risques, invente et renoue ainsi avec l’essence du premier bel canto. Simone Kermes s’approprie tout ce qu’elle touche et l’auditeur doit être capable, a fortiori dans des tubes comme les airs de Cléopâtre, de se détacher, du moins momentanément, de ses versions favorites pour s’ouvrir à une autre lecture, ce qui n’implique pas d’y adhérer : nous pouvons admirer cet accent de révolte inédit dans « Se pietà », mais ne pas goûter la cadence, ce suraigu attaqué pianissimo et susurré comme dans un râle d’agonie. Maniera di cantare, comme dirait Jacobs, ou maniérisme ? A chacun d’apprécier, mais ce n’est pas tous les jours qu’une cantatrice renouvelle ainsi l’interprétation et imprime sa marque.
C’est la même qui se glisse au milieu de l’orchestre, à côté du violoncelle, pour une déclaration intime, mezza voce, d’une sobriété exemplaire (« Io ti bacio »). La chanteuse est ainsi faite : elle se déchaîne telle une Nina Hagen puis s’abandonne, décoche fusées et notes piquées puis se concentre et dépouille son chant jusqu’à l’épure. Cette ambivalence n’est-elle pas au cœur de l’esthétique de l’opera seria, dans la structure même du Da Capo ? L’interprétation que Simone Kermes donne du célébrissime «Piangerò » est à cet égard emblématique : le contraste, la rupture n’aura peut-être jamais été aussi radicale entre les sections A et B de l’air, entre la douleur intériorisée et la rage vindicative de Cléopâtre.
Du charisme, des performances électrisantes, le goût de la pyrotechnie, des lamenti étirés en pianissimi voluptueux, la recherche de partitions inédites, les analogies ne manquent pas avec une autre diva, analogies que le marketing n’hésite d’ailleurs pas à exploiter : et si Cecilia Bartoli et Simone Kermes ressuscitaient les rival queens de Haendel, la soprano Francesca Cuzzoni et la mezzo Faustina Bordoni ? Elles, au moins, ne se crêperaient pas le chignon et l’émulation nous vaudrait certainement un concert mémorable ! On peut toujours rêver…
Kermes offre trois bis, accueillis avec joie au regard d’un programme un peu court. On comprend d’autant moins que ce dernier propose la trop brève version originale, en fa mineur, d’« Ombre piante », abandonnée par Haendel juste avant la création de Rodelinda, que l’orchestre, lui, est gâté plus qu’ordinaire. Sa prestation n’est pas en cause et Wolfgang Katschner n’a pas usurpé le Handel-Preis der Stadt Halle: les concertos recouvrent sous sa conduite une vigueur et un souffle rafraîchissant, entre motricité rythmique et développements poétiques, à la faveur d’amples phrasés et d’une agogique raffinée, mais en seconde partie, la Lautten Compagney entre en concurrence avec la soliste qui n’interprète que quatre numéros. Première consolation, les sauts vertigineux d’Ottone (« Dopo un’orrida procella ») nous rappellent que l’intrépide soprano affrontait cette partie surhumaine, conçue par Vivaldi pour défier l’opéra napolitain, dans l’intégrale de Griselda emmenée par Jean-Christophe Spinosi.
« No Vivaldi, No Haendel » annonce-t-elle ensuite, mais un savoureux détour par Gershwin (« The man I love »), avec la complicité du chef qui lui donne la réplique. Enfin, la diva change d’attitude, s’immobilise et se concentre sur les adieux de Didon: lunaires, irréels comme un éclair sur l’au-delà. Alors que l’orchestre seul poursuit la plainte, les lumières s’éteignent progressivement et le silence vient coïncider avec la nuit la plus profonde. Hormis un gloussement au balcon, la salle retient son souffle. Cette mise en scène n’était peut-être pas nécessaire, mais elle n’enlève rien au bonheur de saluer une artiste de cette trempe. D’Armida à Didon, la croqueuse de vocalises sait aussi endosser le costume de tragédienne.
FORUM OPERA - Bernard Schreuders - 21/02/2011

 

Dramma par Simone Kermes (4/5 étoiles l'Express)
Dans la grande famille des sopranos, il existe désormais une catégorie à part : les clones de Cecilia Bartoli. Et dans le genre, l'Allemande Simone Kermes apparaît, de disques en récitals, comme la plus brillante, sinon la plus convaincante. Dans son nouvel album, Dramma, elle tente une nouvelle fois de faire revivre l'âge d'or des castrats en interprétant des extraits souvent inédits d'opéras de Porpora, Hasse et Leo, les figures majeures de l'école napolitaine du xviiie siècle. L'accompagnement, à la fois souple et tonitruant, de La Magnifica Comunità participe à la réussite de l'ensemble. Comme chez Bartoli, la virtuosité et la sensualité vocale sont également au rendez-vous, avec ce rien de vulgarité qui permet tout de même de distinguer la copie de l'original.
L'EXPRESS - Bertrand Dermoncourt - 26/09/2012

 

Featuring EIGHT WORLD PREMIERE RECORDINGS, the new album from German Soprano Simone Kermes further proves how deserving she is of the title “The Queen of Baroque”!
The album, titled ‘Dramma’ features a selection of the most virtuosic opera arias of this time, originally composed for castrati singers such as Farinelli and Caffarelli. The arias require highest dramatic expression and flawless vocal technique. Kermes studied these demanding compositions in extreme detail before embarking on the great challenge of recording them.
Besides the renowned Lascia ch’io pianga from Handel’s Rinaldo, Simone selected thirteen rarities and genuinely newly discovered arias, including several by the composer Nikola Porpora. She is accompanied by the ensemble La Magnifica Comunità.
PRESTOCLASSICAL - 28/08/2012

 

The first half of the 18th century saw an insatiable demand for new opera seria, or dramma per musica, in Venice, Rome, Milan and, principally, London, where composer and teacher Nicola Porpora ran the Opera of the Nobility, putting poor Handel very firmly (though temporarily) in the shade. This collection of castrato arias includes six astonishing discoveries, many recorded for the first time, from Porpora, Johann Aldolf Hasse and Giuseppe de Majo, sung by the beguilingly agile Simone Kermes with delightfully pungent playing from La Magnifica Comunità. Listen through headphones for some glorious detail in the continuo.
THE GUARDIAN - Stephen Pritchard - 28/08/2012

Named after the inscription “dramma per musica” to be found on 18th-century opera librettos, Dramma offers a remarkable collection of arias mostly drawn from longforgotten works by (now) unperformed composers.
Eight of the 12 songs are world premiere recordings of unaccountably beautiful arias such as Nicola Antonio Porpora’s “ Tace l’augello”, interspersed with more familiar pieces by Handel and Pergolesi. Simone Kermes treats these first airings with due care, exhibiting stately grace and poise on Porpora’s “Alto Giove”, and coping remarkably with the wide range and rapid coloratura passages of material often written for castrati, notably Giuseppe De Majo’s “Per trionfar pugnando”.
THE INDEPENDANT - Andy Gill - 18/08/2012

Le soprano de Kermes semble particulièrement adapté à l'entremêlement de ces longues lignes flottantes... Une chanteuse qui prend des risques sans s'effrayer, d'une ampleur artistique et d'une capacité technique peu communes.
BBC MUSIC MAGAZINE

Si la voix de Bartoli est une trompette, Kermes chante telle une flûte, et sa voix fluide apporte bien des plaisirs (Geoff Brown). Elle investit toute cette musique de tant de couleurs et d'imagination... Elle est passionnante et expressive à en couper le souffle. Un triomphe pour Kermes, une diva de la musique baroque des plus originales et passionnantes.
THE SUNDAY TIMES

Les interprétations de Kermes ne sont que plaisir !
GRAMOPHONE

Elle a maîtrisé les figuralismes furieusement complexes avec une précision et une agilité étonnantes (...), offrant une décharge électrique finale.
THE NEW YORK TIMES

Une performance électrisante... Une férocité et une agilité vocale peu communes.
OPERA NEWS

Avec elle, rien n'est jamais tiède. Tout doit être ou brûlant ou glacial. Des coloratures propulsées jusqu'au ciel à la manière d'une véritable arme vocale. Nulle n'a jamais chanté cette musique de manière aussi explosive.
DIE WELT

Elle possède une colorature ressemblant à une mitraillette et une manière merveilleuse de monter jusque dans les notes aiguës, d'enfler sa voix du pianissimo jusqu'au forte, puis de réduire de nouveau sa sonorité... Son grand air virtuose a fait crouler la maison !
BOSTON GLOBE

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