Solistes instrumentaux

Stéphanie-Marie DEGAND - Violon

récital Stéphanie-Marie Degand et Christie Julien : Franck – Massenet – Ravel – Saint-Saëns – Ysaÿe

Quel beau programme, so french, que celui proposé par la violoniste Stéphanie-Marie Degand et la pianiste Christie Julien ! Mais aussi quelle belle interprétation pensée et pesée, jamais académique, de chacune des pièces françaises très fréquentées par les plus grands duos d’hier et d’aujourd’hui qui nous laissèrent de nombreuses références !

C’est que ces deux amies de toujours se sont connues au conservatoire de Paris où elles ont été formées selon la tradition de Lambert Massart. Ce grand violoniste belge du XIXe siècle y forma rien moins que Wienawski, Kreisler, Ysaïe et Sarasate, dédicataire de l’Introduction et Rondo Capriccioso en la mineur Op.28 de Camille Saint-Saëns qui ouvre magistralement ce florilège. Cet album est donc le fruit d’une belle maturation, issue d’une longue tradition d’excellence et de perfection qui animent nos artistes, elles-mêmes professeurs de l’institution aujourd’hui.

Pour autant, elles n’ont pas décidé de privilégier une virtuosité ou une sensiblerie excessive, telles qu’on les entend trop dans des programmes identiques. « Un esprit d’assimilation sans reniement », comme le dit énigmatiquement Degand, dans l’instructive notice du CD. Jamais, même si leur virtuosité est exceptionnelle, elles ne cèdent à la superficialité et aux ornementations de mauvais goût, avec des portamenti ou des glissandi hélas trop coutumiers dans ce répertoire parsemé de pièges stylistiques. Cependant, leur projet est clairement et volontairement hédoniste : « jouissance instrumentale, célébration de notre appartenance à ce répertoire et bonheur d’une vraie liberté d’un discours commun ».

On a rarement interprété si bien Tzigane, rhapsodie de concert de Maurice Ravel qui est un peu l’œuvre qu’on emporterait sur l’Île déserte. Elle semble vraiment idiomatique et d’une perfection qui subjuguerait autant le maître de Montfort-l’Amaury que sa dédicataire, la musicienne hongroise Jelly d'Arányi. Il en va de même de l’extraordinaire Sonate pour violon et piano en la majeur FWV 8 de César Franck, pourtant rabâchée au disque, dont on s’enivre ici à l’envi. L’osmose est intense et efficiente entre violon et piano, toujours inspirés et jamais ennuyeux, avec la technicité et le style requis. La prise de son a tendance à exposer le violon plus que le piano, mais ne gêne en rien l’équilibre du rendu.

L’autre moment de grâce, c’est la très enregistrée Méditation de Thaïs de Jules Massenet, intime dans sa belle réduction que le compositeur a lui-même réalisée, et juste dans son interprétation émouvante et profonde, ne cédant jamais à l’appel de sirènes melliflues… Pour finir, Caprice d’après l’Étude en forme de Valse de Saint-Saëns d’Eugène Ysaïe est tout simplement à couper le souffle, tant les interprètes y sont à leur sommet, dans une partition qui tombe vite dans l’exercice de virtuosité pure.

Irréprochable techniquement, admirablement nuancée et chantante, Stéphanie-Marie Degand s’affirme une nouvelle fois comme l’une de nos grandes violonistes d’aujourd’hui. Jean-Walter Audoli et Emmanuelle Haïm ont été les premiers à s’intéresser à elle. Puis, elle remporta le Grand Prix de l’Adami en 1995 ; en 2005, elle est Révélation Soliste instrumentale aux Victoires de la Musique Classique. Son répertoire est multiple. Elle a travaillé avec William Christie, Christophe Rousset et Christophe Coin, entre autres.

Christie Julien atteint, elle-aussi, des sommets de perfection et d’élégance.
Elle tient une place prépondérante dans la réussite de cet album. Premier prix de piano et de musique de chambre au CNSMD de Paris, elle s’est beaucoup produite à l’étranger, notamment aux États-Unis où elle est très appréciée. L’artiste a travaillé avec Leon Fleisher et elle est fort demandée pour les grands concerti du répertoire. Nous espérons la voir plus souvent en France où elle se produit peu. Bravo à notre duo de rêve pour un coup de cœur absolu, à l’énergie et à l’enthousiasme communicatifs.

Anaclase | Michel Slama | février 2016
***

 

So French

Ce programme regroupe des œuvres clés du répertoire français pour violon du XIXème siècles servis par une discographie pléthorique. Les deux jeunes artistes parviennent pourtant à apporter un regard nouveau, à penser chaque mesure, tout en gardant le sens de la ligne générale, tout en respirant largement dans un grand mouvement narratif ou dramatique.

Prenons des pièces aussi célèbres que le Rondo capriccioso de Saint-Saëns ou la « Méditation » de Thaïs : on n’y retrouvera pas la moindre concession à la virtuosité pour l’une ni à la sucrerie sentimentale pour l’autre, et tout ce que ces œuvres pourraient avoir de superficiel disparait. Même la partie pianistique, qui n’a pourtant rien de très original y est vivante et imaginative.

Dans la sonate de Franck, le duo fait merveille par le sens du dialogue sans cesse relancé, par la simplicité des tempos et des choix interprétatifs (en effet, si tout y est pensé, rien n’est jamais précieux ni maniéré). Cette version pourrait sans peine se confronter à bien des références connues, de Ferras à Dumay ou Poulet. On découvrira une relative rareté avec le caprice d’Ysaÿe, à la fois transcription et amplification de la célèbre Etude en forme de valse de Saint-Saëns. Ce qui pourrait n’être qu’une pièce de pure virtuosité devient un exercice de voltige profond. Quant à Tzigane, on y retrouve, aussi bien au piano qu’au violon, outre la virtuosité transcendante, la magie sonore, que requiert toujours Ravel. Stéphanie-Marie Degand prouve par ce récital qu’elle est une des très grandes violonistes du moment, au niveau international. Et Christie Julien est une belle découverte.

Jacques Bonnaure – CLASSICA / février 2017
***

 

 

Disque : So French par Stéphanie-Marie Degand et Christie Julien chez NoMadMusic

Frais et élégant, cet enregistrement est une profonde inspiration décontractante et une plongée dans l’univers de la musique française. On ne sait plus si ce sont les deux interprètes qui sont au service de la partition ou si c’est la musique qui sert le talent des deux jeunes femmes. Le dialogue est harmonieux entre le violon et le piano qui s’interpellent et se répondent très naturellement. [...] Christie Julien et Stéphanie-Marie Degand nous donnent l’occasion de découvrir les subtilités de cette pièce qu’elles interprètent avec simplicité et finesse.

Louis Le Classique | 10 octobre 2016
***

 

So French

Les deux musiciennes réussissent à donner une nouvelle vie à ces 5 œuvres, connues, voire très connues. Elles maîtrisent à la perfection des compositions complexes, leur jeu combine à la fois précision extrême et sensibilité subtile. Elles sont limpides et lumineuses. Le Rondo de Saint-Saëns et le Tsigane de Ravel sont particulièrement beaux, dans une apparente simplicité dépouillée, chaque note est une perle. 
Que leurs élèves sont chanceux …

Utmisol | octobre 2016 | Danielle Anex-Cabanis
***

 

 

Sélection albums

Elle sait danser (Ysaÿe), elle sait chanter (Massenet), elle sait écouter (sa partenaire, la solide pianiste Christie Julien) mais, en premier lieu, Stéphanie-Marie Degand sait jouer du violon. Avec une aisance et une justesse à toute épreuve ; et elles sont nombreuses dans ce parcours semé d’embûches en doubles cordes ou triple croches. En arrivant au bout du programme – de musique française tantôt légère (Saint-Saëns), tantôt profonde (Franck), on croyait avoir tout entendu. Pourtant, la violoniste nous surprend encore dans la longue introduction de Tzigane, de Maurice Ravel, projetée dans un espace d’une grandeur exceptionnelle. De la rue à l’estrade, quel art de la scène ! 

Le Monde | 10/10/2016 | Pierre Gervasoni
***

 

 

Festin de cordes aux Violons du Roy

(Québec) CRITIQUE / Le public a eu une pensée pour Bernard Labadie, jeudi soir, au début du concert des Violons du Roy.

À St. Louis, après la grave maladie qui l'a tenu éloigné pendant 18 mois, le chef fondateur de l'orchestre s'apprêtait au même moment à diriger son tout premier concert depuis son rétablissement. L'auditoire a applaudi spontanément en entendant cette bonne nouvelle annoncée par la directrice générale Astrid Chouinard.

À Québec, les Violons du Roy, eux, étaient confiés à la violoniste française Stéphanie-Marie Degand. Sous sa direction, la chimie a opéré. On a eu droit à une fête du violon, à un irrésistible tourbillon d'archets. Pas de place pour le compromis. Les membres de l'orchestre ont joué avec conviction, se rendant en toutes circonstances au bout de l'élan musical. 

Dès le concerto de Vivaldi donné en ouverture de programme, on a pu noter la profondeur des affinités partagées par Stéphanie-Marie Degand et Pascale Giguère. Pétillantes d'énergie, les deux solistes se sont illustrées à tour de rôle avec la même intensité et le même souffle, prenant en charge à tour de rôle, voire en même temps, la conduite de l'orchestre. Ce fut à la fois spectaculaire et passionnant.

Dans l'exécution du Concerto grosso de Locatelli, la soliste invitée a ensuite su faire monter une tension dramatique très palpable en se faisant l'interprète de la peine d'Arianne. Il fallait entendre ce violon qui, tout en restant spirituellement marié à l'orchestre, parvenait à chanter avec la plus belle expression qui soit. Les harmonies particulièrement originales de l'«Andante» ont été réalisées avec fluidité et intelligence par l'ensemble.

Le concerto de Bach pour trois violons ne manquait pas de tonus. Pascal Gagnon et Noëlla Bouchard se sont joués habilement des difficultés.

En deuxième partie, dans son ornementation du concerto de Leclair, Stéphanie-Marie Degand a affiché la fantaisie d'un merle particulièrement doué. L'orchestre, lui, maîtrisait parfaitement la situation en offrant un accompagnement souple qui semblait moulé sur mesure pour la soliste. 

Le programme s'est conclu sur une symphonie de Dauvergne pleine d'élégance, de relief et de panache. Encore une fois, le jeu d'ensemble s'est révélé solide, consistant et tissé serré.

Le Soleil | Québec 3 décembre 2015 | Richard Boisvert

 

Magnifique soirée de musique baroque avec la chef et violoniste française Stéphanie-Marie Degand et Les Violons du Roy 

En ce mercredi 3 décembre, en la salle Raoul-Jobin du Palais Montcalm, Les Violons du Roy accueillaient comme chef et violoniste Stéphanie-Marie Degand de Paris pour une première présence à Québec.

D’emblée, elle a pris la parole pour bien nous présenter le programme de la soirée et nous dire tout le plaisir qu’elle avait à se produire à Québec pour une première fois et à connaître notre première chute de neige !

Le concert a débuté très agréablement avec un concerto pour deux violons de Vivaldi. La complicité de la violoniste invitée et de Pascale Giguère, premier violon solo était parfaite. Le plaisir musical vu et entendu a continué avec un concerto de Locatelli aux mouvements intéressants, très variés. Et la première partie de la soirée se termine avec un concerto de Jean-Sébastien Bach pour trois violons dont ceux de Pascale Gagnon et Noëlla Bouchard avec l’invitée du concert. Entente formidable entre ces trois musiciennes.

En seconde partie, l’orchestre de chambre a interprété un concerto des plus intéressants du grand violoniste français Jean-Marie Leclerc. Ce fut un moment fort de la soirée. On a pu apprécier tout l’art de la violoniste Degand. La complexité et la musicalité requise pour interpréter cette œuvre ont permis de constater toute la virtuosité et la grande sensibilité de l’artiste. Le public présent était comblé manifestement.

 

On termina le concert avec une œuvre d’Antoine Dauvergne, un compositeur français du milieu du 18e siècle. La diversité des mouvements fait en sorte que l’on peut visualiser et entendre l’homogénéité de tout ce groupe de femmes au violon. Une belle rencontre de musiciennes !

Soulignons que Stéphanie-Marie Degand s’intègre complétement aux violonistes de l’ensemble. Son aisance, sa passion, son dynamisme et sa musicalité constante se communiquent entièrement à tous les musiciens des Violons du Roy et magnifient toutes les pièces interprétées en cette soirée.

D’ailleurs, les mélomanes présents ont applaudi très chaleureusement madame Degand à la fin du concert. Elle est revenue avec une jolie pièce pour quatre violonistes et l’ensemble.

Le public semblait quitter à regret le Palais Montcalm après un si bon et agréable concert. Mentionnons que le même programme est présenté à Montréal le vendredi 4 décembre à la salle Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal.

info-culture.biz Magazine culturel | Québec, Canada 3 décembre 2015 | Jacques Leclerc

 

Early music is still being reinvented

" La première fois que le LA Phil joua le Printemps des Quatre Saisons, ce fut en 1938, dans le cadre de la neuvième saison de l’orchestre. Qui sait comment cela sonnait alors, mais ce fut certainement radicalement romantique et bien moins ludique et splendidement coloré que ce que l’on entendit ce vendredi soir avec Haïm et la violoniste française, merveilleusement dynamique, Stéphanie-Marie Degand." 
Los Angeles Times | Los Angeles 13 avril 2015 | Mark Swed

 

L.A. Philharmonic Baroque Program

" La violoniste invitée, Stéphanie-Marie Degand, co-fondatrice du Concert d'Astrée, a joué les solos avec une précision frappante, un gout subtil mais également avec une attitude généreuse, s'affirmant comme une authentique partenaire de musique de chambre avec l'orchestre 
www.ocregister.com | Los Angeles 12 avril 2015 | Timothy Mangan

 

Un  superbe concerto pour violon de Jean Louis Agobet, et un dimanche avec Thierry Escaich au piano. Deux [aspects] du festival des musiques d'aujourd'hui

« Au violon, Marie-Stéphanie Degand emmène l'orchestre de son archet, tel une flamme qui se propage dans des paysages sonores inattendus et parfois inentendus (...) la pièce pour violon de Thierry Escaich Nun Komm, avec son retour à la mélodie gagne en sensiblité, par son équilibre entre recherche et musicalité, du moins pour l'auditeur moyen, même ouvert à toutes les expériences.  (...) Avec aussi  le plaisir de retrouver la violoniste du concerto d'Agobet, Stéphanie-Marie Dugand, toujours aussi sensible et virtuose (...). Mais aussi le motif mélodique du film d'Ophüls, comme une rengaine de limonaire, qui se transforme et se réinvente tout au long de cette subtile et magnifique pièce, remarquablement jouée par Stéphanie-Marie Dugand »
www.musicologie.org | Caen, 25 et 30 mars 2014 | Alain Lambert

 

"Jouant sur un magnifique violon de Gennaro Gagliano (Naples 1756) monté de façon romantique, et remarquablement accompagnée par Olivier Peyrebrune (qui joue sur un étonnant Steinway de 1880), Stéphanie-Marie Degand traduit avec autant de densité que de poésie le dialogue véhément et tourmenté des deux sonates. Son style impeccable, sa technique sûre et ses phrasés imaginatifs autant que vigoureusement dessinés varient les éclairages et traduisent à merveille les mille facettes de la Deuxième Sonate en ré mineur. "
Le Monde de la Musique | Patrick Szernovicz

"Difficile de résister au charme de cette sirène émergée du Concert d’Astrée, dont elle fut le violon solo et demeure une figure de proue. Surtout quand ce Genaro Gagliano 1756 monté façon Paganini vibre sous les doigts avec autant de passion. Que la mariée soit un peu trop belle, on l’attribuera à la prise de son, laquelle flatte également le Steinway 1883 de l’excellent Olivier Peyrebrune. Cette réserve vaut essentiellement pour les trois romances de l’opus 94 conçues pour le hautbois fluet et soudain gorgé d’une soudaine volupté. Le Schumann des sonates hanté par la noirceur de l’alto et porté à sollicité la quatrième corde du violon à proportion de ses angoisses, Stéphanie-Marie Degand en traduit toute la sombre énergie. Une technique éblouissante lui autorise des audaces juvéniles dont elle parvient à maîtriser au mieux les risques. Florestan bouscule Eusebius et ce particulièrement dans l’Opus 121, si propice aux ruptures de climat. La jeune virtuose sait pouvoir compter alors sur la pertinence et l’élan de son partenaire schumannien émérite. Alors oui, vous citerez
Ferras, Kremer, Szeryng, Francescatti et Menuhin..."

Diapason | Jean Cabourg


"Back in the Wigmore Hall, The King's Consort played out the old year with Bach's six Brandenburg Concertos. Directing from one of two harpsichords, which gave handsome support for the single strings, Robert King wove some playful dynamic contrasts. If the effect was a little Carols for Choirs in the First Concerto, each work tripped along gracefully enough, with some deliciously expressive recorder playing from Rebecca Miles in the Second and Fourth Concertos, sublime sounds from violist Jane Rogers in the Sixth and Third, and an outstanding performance throughout from violinist Stéphanie-Marie Degand. Degand's playing is what stayed with me. Each note was a perfect oval, each phrase stylishly, radiantly, interestingly played. This young woman has everything - vivacity, authority, intelligence, a ravishing sound and deep musicality - and was a total joy to hear."

The Independent | Annette Morreau

"Quant à Stéphanie-Marie Degand, elle est sans doute la soliste qu’attendaient ces concertos (N.B. il s’agit des concertos pour violon et orchestre op.2 n°2  et op.8 n°9 de Joseph de Bologne de Saint-George, sorti à l’automne 2004 chez Assai) pour briller de tous leurs feux ; volubilité et grâce font ici bon ménage, et le boyau irradie sous l’archet infaillible de la violoniste."
Classica

© Vahan Mardirossian

LES CONCERTS PARISIENS | +33(0)1 48 24 16 97 | mentions légales | Réalisation