Projets spéciaux

THE HIGH ROAD TO KILKENNY - François Lazarevitch

Gaelic songs and dances of the 17th & 18th centuries

 

Robert Getchell, Ténor

Les Musiciens de Saint-Julien

François Lazarevitch, flûtes et direction

Incarnée dans une langue, des danses et des instruments emblématiques, la musique irlandaise porte aussi en elle l'empreinte d'une poésie insulaire et d'une histoire mouvementée. C'est ce dont témoigne ce programme jubilatoire et envoûtant, pour lequel François Lazarevitch a questionné textes originaux et recueils des XVIIIe et XIXe siècles. Couplets variés, berceuses, chants de barde et hymnes à la nature racontent et dansent l'amour, l'infidélité, les saisons mais aussi l'occupation et l'exil.

Sensibles à l'interprétation de ce répertoire aujourd'hui en deçà du pittoresque et de codes figés, Les Musiciens de Saint-Julien trouvent leur inspiration dans la science du phrasé et de l'ornementation qu'enseignent de nombreux traités baroques, l'énergie et la poésie des instruments anciens, la mixité des sources et des traditions musicales. Ils sont ici comme chez eux à la table des grands noms irlandais des XVIIe et XVIIIe siècles et croisent à nouveau la route d'un de leurs fidèles partenaires : le ténor Robert Getchell, très présent sur la scène lyrique baroque et passionné de musiques irlandaises.

NOTE D'INTENTION:

The High Road to Kilkenny fait suite à notre intégrale des sonates pour flûte de Johann Sebastian Bach (Alpha 186). Mon travail sur la variété du phrasé musical au temps de Bach, à la lumière des écrits anciens et en particulier des Solfeggi de Johann Joachim Quantz, entre en résonnance avec celui de la musique irlandaise vivante.

 Ce nouveau programme est né d’une patiente recherche des sources musicales composées pour l’essentiel aux XVIIe et XVIIIe siècles en Irlande et publiées aux XVIIIe et XIXe siècles, ainsi que des textes chantés originaux. Par souci de variété, mon choix s’est porté sur des genres différents, avec un répertoire de poésie mise en musique extrêmement raffi né et savant (Lord Mayo, Sir Ulick Burke…) et un répertoire récréatif de chansons et de danses (Do Chuirfi nnse Féin Mo Leanbh a Chodladh, Oro Mhor a Mhoirin, Kitty’s Wishes…).

J’ai découvert la musique irlandaise et sa pratique il y a une vingtaine d’années, alors que j’étais encore étudiant à Bruxelles dans la classe de fl ûte baroque de Barthold Kuijken. Se forger l’oreille aux exigences d’une tradition orale était un entraînement éminemment complémentaire de celui qui était dispensé au conservatoire.

Je me souviens avec joie du premier voyage que je fi s vers la fi n des années 1990, sac au dos, tout autour de l’île verte. Quel enchantement ! Les paysages verdoyants, les éclaircies aussi féériques que fugitives, les atmosphères si dépaysantes restent gravés dans ma mémoire. Et surtout, l’hospitalité et les rencontres musicales furent particulièrement riches et lumineuses, dans ce monde où la musique est restée un mode de vie. Mais cette pratique « populaire » ne devrait pas faire oublier que les anciens harpistes-poètes, tels que Turlough O’Carolan et ses prédécesseurs, étaient issus de la « bonne société » : la musique qu’ils nous ont léguée est celle de l’aristocratie.

C’est avec joie que je partage aujourd’hui ces émotions de natures diverses avec les auditeurs de ce nouvel opus des Musiciens de Saint-Julien.

François Lazarevich

©Jean-Baptiste Millot

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